BOTSWANA : Une conférence internationale pour lutter contre le trafic d’espèces menacées

Botswana

Des représentants d’états africains et d’ONG se sont retrouvés ce lundi 23 mars 2015 au Botswana pour la seconde rencontre internationale sur la lutte contre le braconnage illégal des éléphants d’Afrique. Cette réunion servira de prélude à une autre conférence, prévue le mercredi 25 mars 2015, consacrée au trafic mondial d’espèces menacées. Une activité criminelle qui génère, d’après le fonds international pour la protection des animaux -IFAW-, un chiffre d’affaires annuel de 19 milliards de dollars. La première conférence, en février 2014, avait rassemblé 41 pays et avait conduit à la signature de la déclaration de Londres qui a lancé des actions ciblées telles que le classement du braconnage en « crime grave ». Si la tendance continue, les éléphants seront en danger d’extinction, particulièrement en Afrique centrale, où le taux de braconnage est deux fois supérieur à la moyenne continentale », met en garde Heather Sohl, spécialiste des espèces en danger au fonds mondial pour la nature -WWF-. Tous les experts en conviennent, l’abattage des éléphants est organisé par des réseaux criminels internationaux qui alimentent le marché clandestin de l’ivoire, principalement en Asie. L’ivoire braconné, acheté 100 dollars  soit 94 euros le kilo en forêt, se retrouve en bout de chaîne vendu 2.100 dollars le kilo sur le marché en Chine, le principal débouché. Les experts pensent aussi que l’argent de l’ivoire, dont le commerce est interdit depuis 1989, contribue au financement de groupes armés dans la bande sud du Sahara. « En février 2015, les éléphants du Nord-Mali, qui n’avaient jamais été touchés jusqu’à présent, ont été attaqués », souligne Céline Sissler-Bienvenu, directrice France de l’IFAW: « Il y a de grandes chances que cela serve à financer des groupes armés de la région ». C’est la Chine, d’après Iain Douglas-Hamilton, fondateur de l’ONG « Save the Elephants » au Kenya, « qui détient la clé de l’avenir des éléphants. Si la Chine n’est pas en pointe pour mettre fin à la demande d’ivoire, les éléphants d’Afrique pourraient disparaître de la nature d’ici une génération », dit-il. « En Chine, les campagnes auprès de l’opinion publique commencent à porter leurs fruits », assure Mme Sissler-Bienvenu. « Mais il y a une population sur laquelle nous n’avons aucune prise : les collectionneurs et les investisseurs. Ils savent que la ressource se réduit, que les prix vont monter, et achètent pour spéculer ». Sous la pression internationale, Pékin a pris en février 2015 une mesure certes symbolique mais saluée comme un pas en avant : toute importation d’ivoire ouvragé a été interdite pour un an. Jusqu’à présent, seule l’Afrique australe, avec le Botswana et l’Afrique du Sud, parvient à préserver ses éléphants. Peut-être en partie, malheureusement, parce que les réseaux criminels locaux se sont concentrés depuis la fin des années 2000 sur le massacre des… rhinocéros. Ces derniers, pourchassés pour les vertus prétendument médicinales de leur corne, seront l’un des grands dossiers de la deuxième réunion organisée ce mercredi 23 mars 2015. Le sort des tigres, dont il ne reste plus qu’environ 4.000 individus sauvages en Asie, sera  au menu des discussions de cette conférence.

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