NIGER : Le procès du trafic des bébés s’ouvre à Niamey

Niger

Plus de 8 mois après le déclenchement de l’affaire dite des bébés nigérians au Niger, le procès débute ce vendredi 2 janvier 2015 à Niamey. Ce sont près de 30 personnes qui sont appelés à comparaitre, dont Hama Amadou, ancien président du râlement du Niger, en exil en France, ainsi que son ancienne épouse. Le doyen du juge d’instruction a « bouclé le dossier ». L’instruction étant terminée, le doyen Mai Moussa Bachir a notifié, à l’ensemble des intéressés le renvoi devant le tribunal correctionnel. Deux accusés ont bénéficié d’un non-lieu. Par contre toutes les autres personnes citées sont attendues à la barre. Au tribunal de grande instance de Niamey, on comptera 2 absents de taille. Il s’agit de Hama Amadou, ancien président du parlement, réfugié en France, et d’une ressortissante du Burkina Faso, Alizeta Ouedraogo, qui aurait joué un rôle central dans ce présumé trafic de bébés. Elle aurait  recruté des candidats parmi les couples stériles au Niger – où elle à décroché un contrat de réfection des routes de plusieurs milliards de Fcfa – et les orientait ensuite vers le sud du Nigeria, dans la ville de Ore. La bourgeoisie du Niamey se retrouvera à la barre !. Les femmes aux bébés ont toutes un seul dénominateur commun, celui d’avoir effectué les déplacements de la ville de Ore, au Nigeria, et d’être rentrées au Niger avec leur bébé. Parmi les accusés : Hama Amadou, ainsi que l’une de ses épouses qui a bénéficié tout récemment de liberté conditionnelle après avoir fait 6 mois de détention provisoire. Cette affaire de droit commun a fini par affaiblir le principal opposant du président Issoufou. Hama Amadou était une personne très influente au Niger. En 6 mois, il est devenu un simple justiciable. A la fin d’août 2014, alors que l’affaire de trafic de bébé enfle, Hama Amadou, alors président du parlement décide de quitter le Niger. Il trouve refuge pour plusieurs jours au Burkina-Faso avant de rejoindre la France. Il se justifie : « je ne fuis pas, je pars car ma vie est en danger. ».Depuis Paris, il se défend d’avoir abandonné sa femme, Hadidza, incarcérée dans cette affaire dépuis le mois de juin 2014. Il se défend de fuir la justice et de refuser d’affronter une probable incarcération. Affaibli, Hama Amadou, ancien acteur de la victoire du président Issoufou, aujourd’hui son plus virulent adversaire, accuse le pouvoir et promet de rebondir vite pour démontrer le montage politico-judiciaire. En son absence du Niger, la machine judiciaire tourne. Un mandat d’arrêt a été lancé à son encontre. La cour constitutionnelle valide la vacance de poste à la tête du parlement. Il perd sa place au perchoir et certainement son titre de député. Même absent, Hama Amadou sera au centre de ce procès et sera jugé par défaut. Il est soupçonné de complicité de supposition d’enfants, de faux et usages de faux en écriture et association de malfaiteurs. Candidat à la présidentielle de 2016 et principal opposant encourt des peines de prison ferme. A suivre…

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