CAMEROUN : Douala abritait une rencontre des journalistes d’Afrique centrale et sur l’avenir des médias

Cameroun

Ce sont plus d’une vingtaine de  journalistes de l’Afrique Centrale – du  Cameroun – Centrafrique- Congo Brazzaville -Gabon -République démocratique du Congo- Tchad qui se sont retrouvés à Douala capitale économique du Cameroun  afin d’évoquer la profession des médias dans l’ensemble de la sous région d’Afrique centrale. Stanis Nkundiye président de l’USYPAC a souligné « Nous sommes réunis à Douala dans le cadre d’un séminaire sous régional qu’organise l’union des syndicats des professionnels de la presse et de la communication d’Afrique centrale -USYPAC- pour examiner les conditions de travail et de vie des journalistes et des médias qui exercent dans la zone ». Le thème de cette rencontre : »L’avenir des journalistes et des médias d’Afrique Centrale en question : Enjeux, défis et perspectives ». Les délégués ont présenté respectivement l’état de lieux des journalistes et des médias dans leurs pays respectifs. Au Cameroun, le syndicat national des journalistes du Cameroun -SNJC- a reconnu malgré un cadre législatif et règlementaire abondant, l’environnement médiatique est sous une emprise juridique répressive. Le SNJC dénonce « Les délits de presse font donc partie à la fois du champ de la loi sur la communication sociale et du code pénal, la qualification des infractions étant laissée à l’appréciation du magistrat, avec au fond, une volonté politique manifeste, mais aussi des instructions antérieures de la chancellerie qui criminalisent à outrance les délits de presse ». Le SNJC est  affilié à la fédération internationale des journalistes -FIJ- précise  » qu’il s’agit donc d’un système autoritaire, antisocial et contreproductif. Les procès pour délits de presse sont essentiellement à charge, et les personnes poursuivies presque toujours condamnées ». En plus de  l’arsenal juridique répressif, le SNJC regrette vivement que le conseil national de la communication -CNC-, qui était à l’origine un organisme consultatif en 1991 soit devenu un organe de régulation en 2012 et soit placé auprès du premier ministre » (art. 3). Le SNJC souligne « Dans la réalité, le régulateur déontologique des médias, au Cameroun, c’est le premier ministre », qui y observe « une imposture, un système de contrôle autoritaire et monopolistique, une entrave à la liberté de presse, ainsi qu’à l’indépendance des journalistes ». Face à ce constat qui se greffe au « chantage alimentaire » dont sont l’objet le personnel des médias au Cameroun, « 52% de journalistes exercent une activité secondaire pour arrondir les fins de mois, 37% de leurs revenus vont aux charges locatives, 25% aux charges de santé, 22% aux charges éducatives », et « 6% des journalistes camerounais ont une assurance maladie, 60% recourent à l’automédication, 91% des journalistes sont locataires ». Dans cette étude présentée par le SNJC, « 45% des journalistes veulent quitter le métier ». La situation des journalistes et des médias dans les autres pays de l’Afrique Centrale n’est guère reluisante bien que des avancées remarquables soient relevées. En république démocratique du Congo -RDC- « il ne se passe pas une seule année sans qu’un journaliste ne soit assassinée. » Il a été enregistré depuis le début de l’année 2014 en RDC « 116 entraves à la liberté de presse et d’expression, soit 20 pressions administratives, 20 entraves à la liberté, 7 journalistes incarcérés, 21 journalistes torturés, 21 menacés, etc. » Pour sa part Jules Gautier Ngabapo Koigomby représentant l’association des journalistes du Centrafrique « Les revendications en Centrafrique ont permis la dépénalisation des délits de presse. Depuis lors, les journalistes ne sont plus trop inquiétés, un seul est en liberté provisoire après 72 heures de détention pour outrage au chef de l’état » en ajoutant « que les médias centrafricains ont déjà enregistré 3 morts depuis le début des troubles, ainsi que l’assassinat d’une journaliste photographe française par les rebelles. » Au Tchad,  « l’environnement juridique et politique est complexe, avec des emprisonnements de journalistes sur des procès d’intention ». Les journalistes délégués se sont réjouis de la dépénalisation des délits de presse au Congo-Brazzaville et Gabon. A la lecture des difficultés rencontrées par les journalistes et les médias en Afrique Centrale, le représentant de la fédération internationale des journalistes -FIJ-, Louis Thomasi « encourage l’union des syndicats des professionnels de la presse et de la communication d’Afrique centrale -USYPAC- à la formation et à la solidarité syndicale ». Déplorant le manque de liberté en Guinée équatoriale, les participants ont invité à la création des associations de défense des droits des journalistes et autres professionnels des métiers connexes.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :