BURUNDI : Intimidation des adversaires du pouvoir selon Amnesty international

Burundi

La répression conduite par le gouvernement contre la liberté d’expression et de rassemblement pacifique a d’importantes répercussions sur les droits humains dans la perspective des élections de 2015″, a déclaré Tom Gibson, chercheur sur le Burundi à Amnesty international.  La communauté internationale, ONU en tête, s’inquiète depuis plusieurs mois d’une montée de la tension, sur fond de violences politiques et d’entraves aux libertés, à l’approche des élections générales de 2015 au Burundi situé dans la zone des Grands-Lacs sorti en 2006 de 13 années de guerre civile. Pierre Nkurunziza président de la république du Burundi semble décidé à briguer un 3e mandat, bien que, d’après ses opposants, la constitution l’en empêche. L’ONG Amnesty international s’inquiète entre autre « d’une nette hausse de la violence politique » attribuée aux Imbonerakure, les membres de la ligue de jeunesse du CNDD-FDD – parti au pouvoir du président Nkurunziza -, dont les agissements ont déjà été dénoncés par l’ONU, des diplomates et ONG. Tom Gibson a précisé « Les Imbonerakure entretiennent des liens étroits avec les services de sécurité et se rendent responsables d’atteintes aux droits humains, en toute impunité », notamment « des actes d’intimidation, de harcèlement et de violence », parfois mortelle, contre l’opposition. Un responsable de l’ONU estime à près de  20.000 le nombre d’Imbonerakure. Une note confidentielle de l’ONU, publiée dans les médias locaux, a fait état récemment de distribution d’armes aux Imbonerakure par le pouvoir, qui a fermement démenti. « Les partis d’opposition et la société civile se voient interdire d’organiser des réunions publiques ou des manifestations », poursuit Amnesty, affirmant qu’une loi sur la presse et un projet législatif sur les associations non lucratives « font peser une menace supplémentaire sur la liberté d’expression et de rassemblement pacifique ». Pour mémoire en mars 2014, la justice a condamné 21 militants d’un parti d’opposition à la perpétuité et 24 à 5 et 10 années de prison pour « insurrection », après de violents affrontements avec la police qui avait empêché un rassemblement. Pierre Claver Mbonimpa  président de la principale organisation de défense des droits de l’homme du Burundi, est incarcéré depuis mai 2014 pour « atteinte à la sûreté de l’état ». L’histoire du Burundi est jalonnée de massacres ethniques notamment une guerre civile meurtrière entre 1993 et 2006.

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