GUINÉE EQUATORIALE : Le magazine français Paris-Match au tribunal après une plainte de Teodorin Obiang

Guineeequatoriale

Le célèbre magazine français Paris-Match a comparu mercredi 5 février 2014 devant le tribunal correctionnel de Paris en France après une plainte en diffamation de Teodorin Obiang,  fils du président de la république de Guinée équatoriale, pour un article qui l’impliquait dans une vieille affaire de drogue présumée aux États-Unis. Intitulé « A fond les caisses », cet article, paru début avril 2012, se penchait sur le train de vie très fastueux de Teodorin Obiang, à Paris visé en juillet 2012 par un mandat d’arrêt européen dans l’affaire des « biens mal acquis ». Les magistrats avaient saisi en juillet 2012 un immeuble de 6 étages d’une valeur de 100 à 150 millions d’euros, après une première perquisition spectaculaire, en février, où ils avaient déjà saisi 200 m3 de biens. L’enquête porte sur les conditions d’acquisition en France d’un important patrimoine immobilier par trois chefs d’état d’Afrique, Denis Sassou Nguesso président de la république du Congo, Teodoro Obiang président de la république de Guinée équatoriale et feu Omar Bongo président de la république du Gabon.Les journalistes du magazine Paris-Match affirmaient qu’après son installation à Los Angeles aux Etats-unis en 2001 Teodorin Obiang avait été « mis en cause pour introduction illégale de drogue aux États-Unis » mais que « le scandale vite étouffé », un passage mis en exergue dans l’article. Une affirmation basée sur une « rumeur », a dénoncé à l’audience devant la 13e chambre correctionnelle Me Emmanuel Marsigny avocat de Teodorin Obiang. La représentante du parquet a aussi estimé que la phrase était diffamatoire. « Il ne me semble pas que Paris-Match vous fasse la preuve d’une enquête sérieuse » sur cette accusation, portée par des opposants en 2001, a-t-elle souligné.  Me Marie-Christine de Percin, avocate de Paris Match a vu au contraire une formulation « suffisamment prudente » pour mériter une relaxe. Un autre passage visé par la plainte, l’évocation d’enquêtes du Sénat des Etats-unis ainsi que de l’ONG anti-corruption Global Witness qui « vont montrer que la famille Obiang siphonne entre 250 et 600 millions d’euros chaque année sur le dos de la Guinée ». Le parquet n’a pas estimé que la phrase était diffamatoire. D’autre part Teodorin Obiang attaquait l’avocat et président de l’ONG Sherpa, Me William Bourdon, à l’initiative des plaintes dans les affaires de « biens mal acquis ». Il affirmait dans Paris-Match qu' »avec l’appui du pouvoir politique français, les dirigeants de la Guinée équatoriale ont toujours cherché à échapper aux poursuites ». « Où? Quand? Quoi? Comment? », a demandé Me Marsigny, qui demande au total 50.000 euros de dommages et intérêts. En réponse, l’avocat de William Bourdon, Me Pierre-Emmanuel Blard, a réclamé 5.000 euros pour abus de constitution de partie civile. Jugement attendu au 19 mars 2014.

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