UNESCO : Report de la décision concernant la remise du Prix Obiang

30 septembre 2011

L’UNESCO  a décidé de reporter au 4 octobre 2011 sa décision concernant  la remise d’un prix Teodoro Obiang Nguema, jugé incompatible avec les valeurs de l’UNESCO par les défenseurs des droits de l’Homme. Le conseil exécutif de l’UNESCO avait a étudié une proposition de résolution de ses membres africains, demandant de procéder à la remise de ce prix scientifique, d’une valeur de trois millions de dollars, à laquelle s’opposent notamment les occidentaux et notamment Irina Bokova, directrice générale de l’UNESCO. Pour les représentants africains, il ne s’agit que d’appliquer une décision de 2008 créant cette récompense à l’intérieur de l’UNESCO. Ce prix destiné à “récompenser la recherche en sciences de la vie” n’a encore jamais été décerné, du fait de la mobilisation d’ONG et de l’archevêque sud-africain Desmond Tutu qui ont dénoncé le passif, en matière de corruption et de droits de l’homme, de Teodoro Obiang Nguema qui dirige d’une main de fer son pays depuis 1979. La Guinée équatoriale située en Afrique centrale est le troisième producteur de pétrole d’Afrique subsaharienne mais l’essentiel le million d’habitants vit dans la misère. En octobre 2010, après plusieurs mois de polémique, les 58 pays membres du conseil exécutif avaient fini par décider que la remise du prix était “suspendue” jusqu’à ce qu’un “consensus” soit obtenu, autant dire aux calendes grecques. Le président Teodoro Obiang Nguema est revenu à la charge à été 2011, profitant de sa présidence de l’Union africaine cette année pour faire adopter une résolution par ses homologues demandant la remise de ce prix. Afin de contre-carré ce vote, les pays européens et les Etats-Unis ont déposé un amendement, rappelant la nécessité d’un “consensus”, qui mettrait un terme au débat s’il était adopté. Les juges enquêtent depuis décembre 2010 sur les conditions dans lesquelles ces chefs d’Etat ont acquis un important patrimoine immobilier et mobilier en France afin de déterminer si ces acquisitions relèvent du recel et du blanchiment de détournement de fonds publics étrangers. Plusieurs voitures de luxe appartenant à la famille Obiang ont été saisies cette semaine par les juges français à la suite d’une perquisition effectuée le 21 septembre dans un immeuble de l’avenue Foch, à Paris propriété d’un proche du chef de l’état de Guinée équatoriale. Pour information le tribunal de Paris a relaxé le comité catholique contre la faim -CCFD-Terre solidaire- qui était poursuivi en diffamation par le président Obiang Nguema, jugeant de “bonne foi” son rapport sur les présumés “biens mal acquis” de ce dirigeant. Le tribunal a condamné le président Teodoro Obiang Nguema  à payer 2.500 euros aux responsables de l’ONG pour procédure abusive.


RWANDA : Deux anciens ministres condamnés à 30 années de prison pour leur implication dans le génocide de 1994

30 septembre 2011

Deux anciens ministres du Rwanda ont été condamnés chacun à 30 années de prison pour leur implication dans le génocide de 1994 au Rwanda, et deux autres ministres ont été acquittés, vendredi 30 septembre 2011, par le tribunal pénal international pour le Rwanda -TPIR-. Prosper Mugiraneza, ministre de la fonction publique au moment du génocide, et Justin Mugenzi, ministre du commerce, ont été condamnés à 30 années de prison chacun pour ”entente en vue de commettre un génocide” et ”incitation directe et publique à commettre un génocide”. De son côté Casimir Bizimungu, ministre de la santé au moment du génocide, et Jérôme Clément Bicamumpaka, alors ministre des affaires étrangères, ont été acquittés par la cour installée à Arusha ville de  Tanzanie, qui n’a pas estimé suffisants les éléments de preuve à leur encontre. Les quatre anciens ministres, qui clamaient leur innocence, étaient notamment accusés d’avoir appelé au massacre de Tutsi lors de différentes réunions publiques à travers le Rwanda en 1994, dont certains relayés par la radio télévision libre des milles collines -RTLM-. Le plus connu des quatre accusés était Casimir Bizimungu, ancien petit séminariste diplômé aux Etats-Unis, intellectuel et polyglotte, qui avait dirigé la diplomatie rwandaise de 1989 à 1992. Le génocide perpétré par le régime extrémiste hutu alors au pouvoir a fait près de 8 000 morts d’après l’ONU, dans leur majorité issus de la minorité tutsi, entre avril et juillet 1994, date de la victoire militaire de la guérilla du front patriotique rwandais.


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