13 juillet 2009
Les autorités du Congo centralisaient les résultats du scrutin présidentiel de la veille, dont la participation faisait débat entre gouvernement et opposition alors que des observateurs ont ajouté à la polémique avec des conclusions discordantes. Le vote s’est déroulé dans le calme, le dépouillement des bulletins était “fini” selon le ministre de l’administration du territoire, Raymond Mboulou, dont les services co-organisent le scrutin avec la Commission d’organisation nationale des élections (Conel). “On est à l’étape de la centralisation des résultats”, leur date de publication n’était pas encore arrêté, a indiqué le ministre Raymond Mboulou “Le taux de participation sera au-dessus de la moyenne”, a-t-il déclaré. D’après des résultats parcellaires, ce taux a atteint entre 40 et 92% dans certains quartiers de Brazzaville et des arrondissements de l’intérieur du pays, tandis que “des localités ont voté à 100%”, a-t-il précisé. Le candidat Denis Sassou Nguesso, d’après ces calculs a obtenu 84% des voix dans l’arrondissement de Lumumba à Pointe noire , devançant largement l’opposant radical Mathias Dzon qui fait que 3% et qui apparaissait avant le vote comme son principal adversaire parmi les douze autres candidats. Ces données tendent à confirmer le sentiment général, accordant l’avantage à M. Sassou Nguesso, 66 ans dont près de 25 cumulés à la tête du pays. Si aucun candidat n’obtient plus de 50% des suffrages exprimés, un second tour sera organisé. Le scrutin est contesté par Mathias Dzon, 62 ans, et cinq candidats alliés qui, après avoir appelé in extremis au boycottage de la présidentielle, ne se sont pas rendus aux urnes et ont fait état de fraudes. “Le peuple congolais s’est massivement exprimé par une abstention record de plus de 90%”, ont soutenu les six candidats. Ils ont dénoncé des votes multiples effectués, par “des militaires attachés au président sortant” et d’achat de voix par des autorités locales, ce qui avait aussitôt été jugé “inexact et incohérent” par le porte-parole du gouvernement, Alain Akouala Atipault. “Le taux d’abstention de 90% avancé par l’opposition est farfelu”, a déclaré le ministre Alain Akoula Atipault, assurant que la participation avait été plus importante à l’intérieur du pays.
Le ministre Alain Akoula Atipault
Selon les 47 observateurs déployés par l’observatoire congolais des droits de l’Homme (OCDH), une ONG, “le taux de participation a été très faible” et le scrutin émaillé de “fraudes et irrégularités”. Au vu de ces éléments, “cette élection n’a été ni juste, ni transparente, ni équitable”, ont-ils estimé. Les 29 observateurs de l’Union africaine, et les douze de la Communauté des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC, 10 pays) ont exprimé le sentiment inverse., le vote s’est déroulé “dans la sérénité, la dignité et la transparence”, et le scrutin a été “régulier, libre et transparent”. Officiellement, 2,2 millions de Congolais sur 3,6 millions d’habitants étaient appelés à voter, chiffre contesté par l’opposition qui a régulièrement dénoncé un fichier électoral “gonflé”.
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13 juillet 2009
Un nouveau barrage hydro-électrique sur le fleuve Zambèze au Mozambique, critiqué par des environnementalistes, alimentera à 80% l’Afrique du Sud en 2015. La construction du barrage de Mphanda N’kuwa, d’une capacité de 1,200 megawatts, démarrera en janvier 2011 pour une exploitation à partir de mi-2015, a déclaré la Compagnie hydro-électrique Mphanda N’kuwa, Egidio Leite. “Un chiffre indicatif” de 80% de la production sera envoyée en Afrique du Sud, selon des négociations entre le gouvernement du Mozambique et l’opérateur électrique public sud-africain Eskom. Saturée, l’infrastructure électrique sud-africaine ne parvient pas à suivre l’explosion de la demande depuis plusieurs années, une pénurie qui provoque de fréquentes coupures de courant dans le pays. “Il y a toujours une négociation en cours”.
Maquette construction d’un barrage hydraulique
Des responsables mozambicains espéraient que le projet permettrait de développer l’industrie énergétique du pays, l’un des plus pauvres d’Afrique. Le barrage, d’un coût de 3,5 milliards de dollars (2,5 milliards d’euros) financé par la banque import-export de Chine, sera édifié sur le fleuve Zambèze, dans le nord-ouest du Mozambique, 60 km en aval d’une des plus grosses centrales hydro-électriques d’Afrique australe, Cahora Bassa. “Outre les déplacements de populations de fermiers ruraux, Mphanda N’kuwa rendra la restauration du fleuve en aval par une meilleure gestion de Cahora Bassa très difficile”, estime toutefois le groupe de défense de l’environnement International Rivers sur son site internet. La Mphanda N’kuwa devrait rendre en août au gouvernement mozambicain les conclusions de son étude d’impact environnemental
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Afrique du Sud | Tagué : Centrale électrique, Compagnie hydro-électrique Mphanda N'kuwa, Egidio Leite, Fleuve Zambèze, Mozambique |
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13 juillet 2009
La vie peine à reprendre ses droits à Abyei, zone de pétrole disputée du Soudan dont la démarcation prochaine de la frontière pourrait provoquer de nouveaux combats.
Vue d’Abyei au Soudan
Avec une population dans une misère noire, des différends historiques entre les tribus Dinka Ngok et les arabes nomades Messiriya, un sol gorgé d’or noir situé à la lisière du sud et du nord du Soudan, Abyei a tout pour inquiéter. La ville avait été rasée en mai 2008 lors de combats entre l’armée soudanaise et l’ancienne rébellion sudiste, considérés comme la plus grave menace à l’accord de 2005. Cet accord avait mis fin à la guerre Nord-Sud, qui avait fait plus de 1,5 million de morts sur deux décennies. Plus de 50.000 personnes avaient fui les violences et trouvé refuge à Agok, une ville plus au sud, mais seulement 5.000 sont revenues, d’après nos contacts sur place. Le nord et le sud du Soudan ne s’entendent pas sur les frontières de la grande région d’Abyei, une enclave peuplée en partie par la tribu sudiste Dinka Ngok mais située dans la province nordiste du Kordofan-Sud. Après les affrontements de mai 2008, le nord et le sud du Soudan ont demandé à la Cour permanente d’arbitrage de La Haye de trancher leur différend. Ce tribunal doit déterminer d’ici le 23 juillet 2009 si la commission soudanaise qui a dessiné les frontières de la région d’Abyei a outrepassé son mandat. Si la commission a respecté son mandat, les frontières qu’elle a déterminées prévaudront. Mais si elle l’a outrepassé, le tribunal de La Haye pourra lui-même dessiner les frontières d’Abyei. “Les gens ici sont inquiets, ils ont peur que le côté perdant réagisse de façon négative” à la décision de la cour, estime Arop Moyak, l’administrateur en chef de la région. Les enjeux économiques et politiques sont très importants. Le Sud-Soudan prévoit en 2011 un référendum sur son indépendance et souhaite ramener dans son giron la plus grande surface possible des terres pétrolifères d’Abyei. Le Nord, lui, ne veut pas perdre le contrôle de ces précieuses ressources.
Carte du Soudan
Des responsables du Nord et du Sud se sont engagés à respecter la décision de la cour de la Haye. Mais plusieurs observateurs craignent de voir le Nord ou le Sud souffler sur les braises des différends historiques entre tribus afin de déstabiliser la région à leur avantage. “Nous sommes conscients de toutes les possibilités, les bonnes et les moins bonnes. Et nous nous préparons à tout ce qui pourrait mal tourner”, affirme Ashraf Qazi, représentant du secrétaire général de l’ONU au Soudan. Mais “vous devez être réaliste par rapport à ce que vous attendez” des casques bleus compte tenu de leurs ressources limitées et de leur mandat, selon lui. Des unités militaires et policières mixtes nordiste et sudiste ont été mises en place pour patrouiller le coeur de la région d’Abyei.
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Afrique centrale et équatoriale | Tagué : Abyei, arabes nomades Messiriya, Casques bleus, ONU, Rébellion sudiste et nordiste, Soudan, tribus Dinka Ngok, Zone de pétrole |
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Publié par oubangui
13 juillet 2009
Douze entreprises, en majorité allemandes, ont donné le coup d’envoi d’un projet pharaonique, de 400 milliards d’euros: un vaste réseau de centrales solaires dans le nord de l’Afrique et au Moyen-Orient pour alimenter l’Europe en énergie “propre”. Un protocole d’accord a été signé à Munich pour la création d’un bureau d’études. Parmi les sociétés participantes, qui n’apparaissent ni comme des philanthropes ni comme des fantaisistes: les géants allemands de l’énergie EON et RWE, le réassureur Munich Re, la banque Deutsche Bank, des fabricants de solaire comme l’espagnol Abengoa Solar, l’algérien Cevital et la fondation porteuse de ce projet, nommé “Desertec”. Le bureau d’études, qui sera créé d’ici fin octobre 2009 , élaborera des plans d’investissement réalisables au cours des trois prochaines années.
Implantations d’un parc de panneaux solaires
Desertec apparaît comme la solution à tous les grands défis environnementaux et économiques actuels. Il promet de couvrir à terme 15% des besoins énergétiques de l’Europe et “une part considérable” de ceux des pays producteurs, de réduire la production de CO2, mais aussi de dessaler l’eau de mer pour fournir de l’eau potable aux populations locales et contribuer à leur développement. Le principe: un réseau de centrales thermiques solaires disséminées du Maroc jusqu’à l’Arabie Saoudite et qui serait relié à l’Europe via des câbles électriques sous-marins. “Aujourd’hui, nous avons fait un pas en avant” vers sa réalisation, s’est réjoui Nikolaus von Bomhard, patron de Munich Re. De nombreuses questions ne sont pas résolues, comme les lieux d’implantation de ces installations, leur date de mise en service, le coût du courant produit, le bénéfice qu’en tireront les pays africains et arabes, le manque de stabilité politique dans certaines régions productrices et le financement de ce projet, dont le coût est estimé à 400 milliards d’euros. Aucune réponse claire n’a été apportée, les promoteurs de Desertec arguant que c’est à présent le travail du bureau d’études d’y répondre.
M.Nikolaus von Bomhard, patron de Munich Re
Pour Torsten Jeworrek, membre du directoire de Munich Re, il est judicieux de s’installer en Afrique car “les sites de production sont plus ensoleillés” que dans le sud de l’Europe. Il a également rejeté les risques terroristes, faisant valoir au contraire que l’apport de Desertec au développement économique de ces régions pouvait contribuer à leur stabilité politique. Si ce projet pharaonique doit voir le jour, ce ne sera pas pour demain. Ces plans sont en effet conçus à l’échelle de 2050 (même si des installations devraient être construites avant), la question de son financement n’est pas réglée et il aura besoin du soutien des politiques.
Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso et la chancellière allemande Angela Merkel
La chancelière allemande Angela Merkel et le président de la Commission européenne José Manuel Barroso ont déjà salué l’initiative, mais Desertec n’échappe pas aux critiques. Pour le député social-démocrate allemand Hermann Scheer, pas besoin d’aller en Afrique pour fournir de l’énergie propre à l’Europe. “Nous pourrions investir les 400 milliards d’euros ici”, défendant l’idée d’un réseau décentralisés d’opérateurs dans les énergies vertes, plutôt que de le laisser aux mains d’un monopole de grandes entreprises. D’autres doutent des chances de développement pour les pays producteurs et pensent que l’intérêt défendu est avant celui de l’Europe.
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