ETHIOPIE : Les difficultés économiques encore aggravées par la crise en 2010

16 juin 2009
Les difficultés économiques du continent africain vont être encore aggravées en 2010 par la crise mondiale, en particulier à cause de la chute des prix des matières premières et de la hausse des hydrocarbures, a indiqué le premier ministre éthiopien Meles Zenawi.
Meles_Zenawi premier ministre Ethiopie   Le premier ministre éthiopien Meles Zenawi
“Il semble que nous  allons faire face à toutes les conséquences négatives de 2008 et 2009, et sans aucun bénéfice”, a déclaré M. Meles Zenawi  dans un discours lors d’une conférence panafricaine organisée par la Commission économique pour l’Afrique (CEA) de l’ONU. Cette conférence rassemble à Addis Abeba des experts et officiels de 45 pays africains. “Les crises de ces deux années (2008 et 2009) se combinent pour créer une série de conditions défavorables jamais vues”, notamment des “prix de carburants élevés et en hausse, et sans doute une augmentation des prix des denrées alimentaires et une prévision de croissance généralement en baisse”, a-t-il ajouté. Le mois dernier, la CEA a indiqué que le taux de croissance de l’Afrique allait descendre à 2% en 2009, au plus bas depuis 20 ans, contre 5,1% en 2008 et plus de 6% l’année précédente. M. Meles Zenawi a également dénoncé les dangers des effets du réchauffement climatique pour le continent le plus pauvre du monde. “De tels changements vont frapper durement nos fragiles agricultures et faire baisser les perspectives de croissance et de transformation en Afrique”, a-t-il précisé. Il a indiqué  que la communauté internationale devait compenser les pays africains pour “les dégâts causés par le réchauffement climatique”. L’Afrique est le continent le plus pauvre du monde, avec un tissu industriel quasiment inexistant. Le continent tire l’essentiel de sa richesse de ses matières premières.

MAROC : le Roi Mohammed VI reçoit le PDG Carlos Ghosn du Groupe Renault

15 juin 2009
Sa Majesté  le Roi Mohammed VI a reçu, au Palais Royal à Rabat, le Président directeur général du Groupe Renault, M. Carlos Ghosn. M. Ghosn avait visité auparavant  le chantier de la future usine de Tanger et le port de Tanger-Med. Il a réaffirmé le caractère stratégique du projet industriel de Renault à Tanger, d’un investissement capacitaire confirmé  de 600 millions d’euros . Le groupe Renault commencera la production des deux premiers modèles début 2012. Le site démarrera avec une ligne  de 30 véhicules par heure d’une capacité de 170.000 véhicules par an avec une extension prévue deux ans plus tard. A terme, la capacité de l’usine sera de 400.000 unités par année. Le projet avance comme prévu, les travaux de terrassement lancés à l’automne 2008 étant achevés aux deux tiers, et la production devant débuter à partir de septembre 2009 , usine et centre de formation. L’alliance Renault-Nissan vise une présence forte dans les pays émergents, tels le Brésil, la Russie, la Chine, les pays du Moyen Orient et d’Afrique du Nord. Renault entend consolider sa position dans des pays historiquement forts tel que le Maroc, la Turquie et la Roumanie. Au Maroc, l’usine Somaca à Casablanca assemble Kangoo, Logan et Sandero lancée il y a deux semaines. Les deux marques du Groupe Renault et Dacia sont leader du marché et occupent respectivement les première et deuxième places.

COMPETIVITE EN AFRIQUE 2009 : La Tunisie le pays le plus compétitif

14 juin 2009
La Tunisie a été classée, le pays le plus compétitif en Afrique par le rapport 2009, publié dans la ville sud-africaine du Cap, par la Banque africaine de développement (BAD), la Banque Mondiale et le Forum économique mondial, sur la compétitivité du continent. Le pays est classé en 36éme position au niveau mondial. La Tunisie obtient un score de 4,6 points, suivie de l’Afrique du Sud (4,4 points), du Botswana (4,2 points) et des Iles Maurice (4,2 points). Le Maroc vient en cinquième position avec 4,1 points. Présenté en marge du 19ème Forum économique mondial sur l’Afrique organisé, du 10 au 12 juin 2009 au Cap, ce rapport annuel est basé sur des données statistiques et des enquêtes couvrant une douzaine de secteurs (institutions, infrastructure, stabilité macro-économique, éducation et formation, santé, taille du marché, efficacité du marché, développement technologique, sophistication des affaires, innovation..) Il ressort de ce rapport que l’économie tunisienne est plus diversifiée et plus proche des marchés européens.
Afrique_economique    Carte de l’Afrique économique
La Tunisie est l’un des trois pays les mieux classés dans 8 des 12 secteurs retenus, alors que les Iles Maurice et l’Afrique du Sud sont tous les deux parmi les trois premiers pays dans 7 secteurs. Le pays est caractérisé par une transparence au niveau de la prise de décision publique et des politiques entreprises, un niveau bas de corruption et un haut niveau de confiance envers le gouvernement. Les institutions du pays, notées favorablement pendant un certain nombre d’années, représentent l’un de ses atouts majeurs en terme de compétitivité. Il y lieu de préciser que la Tunisie a mis en place un système développé d’encadrement de l’entreprise en tant locomotive de l’investissement et de l’emploi. Ce système compte 25 pépinières d’entreprises, 24 centres d’affaires et 21 guichets uniques, outre le démarrage cette année de la réalisation de 21 nouvelles zones industrielles dans le pays et la connexion de 54 autres zones industrielles ou de service à un réseau de communication en fibres optiques. La Tunisie figure, avec l’Afrique du Sud et les Iles Maurice, parmi les pays les mieux placés dans le domaine de la préparation technologique, alors les autres pays africains enregistrent des résultats globalement médiocres et ils sont très loin en dessous de la moyenne de l’OCDE. La Tunisie a adopté une stratégie d’amélioration de la compétitivité économique à travers la promotion de la qualité et l’exploitation optimale des technologies de la communication. S’agissant des nouvelles technologies de l’information, les efforts ont été axés sur la facilitation de l’accès à ces technologies, ce qui a permis de porter le nombre d’abonnés à l’Internet à 286 mille et le nombre des exploitants de ce réseau à 2 millions 310 mille en 2008. Le pays compte, en outre, 8 millions 375 mille d’abonnés de téléphone mobile et fixe. Un système de santé et d’éducation qui fonctionne bien, des niveaux solides de concurrence locale et une forte capacité d’innovation, complète ce tableau positif brossé par le rapport. En effet, la Tunisie a généralisé les services de santé, et compte un médecin pour 900 habitants avec un taux de couverture sociale de 93%. Au niveau de l’infrastructure, les Iles Maurice, la Namibie et la Tunisie sont les mieux classés en Afrique. Ces pays se caractérisent par une bonne infrastructure de transport, en particulier au niveau de leurs routes et leurs ports. Ils se classent mieux que des pays européens membres de l’Union Européenne comme la République tchèque, la Lituanie et la Hongrie. Le rapport note que le pays est doté d’infrastructures répondant aux normes internationales, notamment un réseau d’autoroutes s’étendant sur 360 km, ce qui est même de consolider la compétitivité de ses produits et de faciliter l’accès aux différentes régions du pays. Il s’agit, également, de projets de consolidation de l’infrastructure portuaire du pays à travers la réalisation d’un port en eau profonde ce qui devrait renforcer la position du pays en Méditerranée, d’autant que la Tunisie a été choisie en tant que point de départ du projet des autoroutes de la mer. Des projets de spécialisation et de modernisation des ports commerciaux ont été élaborés, à travers l’actualisation du plan directeur des ports afin de leur permettre de faire face à l’accroissement du trafic. En matière de santé et d’éducation primaire, les trois premiers pays au niveau régional sont les Iles Maurice, le Maroc et la Tunisie. En ce qui concerne l’éducation supérieure et la formation, les trois meilleurs pays sont les Iles Maurice, l’Afrique du sud et la Tunisie. S’agissant de l’enseignement, le taux d’encadrement a atteint un instituteur pour chaque 17 élèves, alors que les 192 institutions universitaires que compte le pays sont fréquentées par environ 400 mille étudiants. Pour ce qui est de l’efficience du marché des biens, les trois premiers pays, les Iles Maurice, l’Afrique du sud et la Tunisie ont des marchés de biens qui sont similaires à ceux d’autres pays comme l’Espagne et le Chili dans leurs efficacité. La Tunisie et l’Afrique du sud, en particulier, se distinguent par un niveau de concurrence du marché, des systèmes fiscaux qui n’influent pas négativement sur la prise de décision dans le milieu des affaires et le secteur agricole ou qui ne sont pas excessivement coûteux pour l’économie. Pour ce qui est du niveau de sophistication du milieu des affaires, les trois pays les mieux classés sont les Iles Maurice, l’Afrique du sud et la Tunisie. Le Kenya, l’Afrique du sud et la Tunisie sont les trois premiers pays au niveau régional en matière d’innovation. Ils sont au même niveau que des pays innovateurs comme l’Inde et le Brésil. Ces pays ont des institutions scientifiques de haute qualité, investissent de manière substantielle dans la recherche-développement, et sont caractérisés par un niveau important de collaboration entre les structures d’affaires et les universités au niveau de la recherche. La Tunisie dispose, aussi, mentionne le rapport, de solides institutions environnementales. Ce nouveau classement de la Tunisie montre l’efficience de l’approche nationale en matière de développement dans les différents secteurs économiques et sociaux, ce qui la conforte dans son ambition de devenir une destination privilégiée pour l’investissement direct étranger dans la région et un pôle pour les activités innovatrices, une place financière et un centre de commerce et d’affaires en méditerranée.

AFRIQUE : La crise mondiale, une chance pour attirer les investisseurs

13 juin 2009
L’Afrique pourrait profiter de la crise économique mondiale pour attirer des investisseurs, la région étant une des rares dans le monde qui pourrait connaître une croissance en 2009, mais elle devra se montrer plus flexible, estiment des experts. Le continent habité le plus pauvre de la planète apparaît comme “plus propice pour les investissements que de nombreuses autres régions du monde”, affirme la directrice générale de la Banque mondiale, Ngozi Okonjo-Iweala, qui participait  au Cap au 19e Forum économique mondial (WEF) sur l’Afrique. Un avis partagé par l’investisseur Soud Ba’alawy, à la tête de Dubaï Group: “Ces 20 dernières années, l’Afrique a connu une très bonne croissance. Aujourd’hui, le PIB (Produit intérieur brut) du continent est bon. C’est très intéressant pour l’investissement.” L’Afrique, qui a affiché ces cinq dernières années une croissance supérieure à 5%, devrait en effet enregistrer une expansion de 2% en 2009, selon le Fonds monétaire international (FMI), alors que de nombreux pays riches sont entrés en récession. L’Afrique de l’Est, qui dépend peu des ressources naturelles dont les cours ont chuté récemment, peut même tabler sur une prévision de croissance de 3,8%. Les investissements massifs, notamment dans les secteurs des télécommunications et des services financiers, sont toutefois freinés par l’absence de stabilité politique, la défaillance des infrastructures et la lourdeur de la bureaucratie dans de nombreux pays africains. Transporter par exemple un container du Rwanda au port kényan de Mombasa, distants d’un millier de kilomètres, est au moins deux fois plus cher que de l’amener de Mombasa en Europe. “L’Afrique offre de nombreuses opportunités. Le défi revient aux dirigeants: sommes-nous capables de voir ces occasions, sommes-nous capables d’utiliser les structures appropriées et d’en tirer avantage?”, a estimé le président sud-africain Jacob Zuma lors du WEF.
jacob-zuma    Le président sud-africain Jacob Zuma
“Les investisseurs vont regarder l’Afrique comme une opportunité, mais si l’environnement n’est pas prometteur, ils partiront. Si au contraire, ils trouvent un environnement favorable pour faire des affaires, ils resteront et feront des émules”, selon Omari Issa, directeur général de l’établissement pour le climat des investissements en l’Afrique (ICF). Les investisseurs institutionnels comme les fonds de pension, qui se sont désinvestis de manière significative en septembre, reviennent aujourd’hui en Afrique sub-saharienne, notamment au Nigeria. Profitant du vide laissé par des entreprises occidentales, l’Inde, les pays arabophones et la Chine, n’ont pas cessé depuis plusieurs années de s’intéresser au continent noir. En pleine crise, la banque marocaine, Attijariwafa Bank, a ainsi acheté en novembre cinq filiales africaines de la banque française du crédit agricole. L’Afrique est un “point chaud pour l’investissement”, assure le président de la Banque industrielle et commerciale de Chine (ICBC), Jian Jianqing, qui a participé au WEF. Le retour sur investissement y est en moyenne de 24 à 30% contre 16 à 18% dans les pays développés, note M. Jianqing, dont l’établissement possède 20% de la banque sud-africaine Standard Bank, un des investisseurs les plus importants en Afrique sub-saharienne. “Nous soutenons fortement les investissements que peut faire la Chine en Afrique”, souligne la directrice de la Banque mondiale, tout en rappelant cependant qu’au-delà des investissements privés, l’aide internationale demeure vitale pour que les pays africains surmontent la crise.

TUNISIE/MALI : Examen des perspectives de la coopération commerciale

13 juin 2009
Les perspectives de développement des relations commerciales entre la Tunisie et le Mali ont été au centre de l’entretien que M. Ridha Ben Mosbah, ministre du commerce et de l’artisanat  à Tunis, avec M. Ahmadou Abdoulaye Diallo, ministre de l’économie, de l’industrie et du commerce de la république du Mali. M. Ben Mosbah a souligné que la coopération économique et commerciale entre les deux pays s’est très bien développée ces dernières années. “Grâce aux directives du Président Ben Ali qui insiste toujours sur la dimension africaine de la Tunisie, a-t-il affirmé, nous sommes parvenus à développer les échanges de plusieurs produits et services avec l’Afrique. Entre la Tunisie et le Mali,  la coopération est bien assise, aussi bien au niveau institutionnel qu’à travers le tissu associatif.” Le ministre du commerce et de l’artisanat a noté également que l’expertise tunisienne s’exporte bien en Afrique dans plusieurs domaines économiques. Dans ce contexte, M. Diallo a précisé que l’un des objectifs de sa visite était justement de s’inspirer de l’expertise tunisienne en matière de promotion des exportations, pour créer au Mali, un centre similaire au centre de promotion des exportations (CEPEX). L’entretien a permis enfin d’examiner les perspectives d’échange d’expertises dans les domaines de l’artisanat et de l’extraction des phosphates.

GABON : La francafrique continuera malgré le décès du président Bongo

12 juin 2009
francafrique Carricature des présidents Sarkozy – Bongo
 
Malgré la volonté du président français de mettre un terme à la francafrique, celle ci perdurera malgré le décès du président gabonais Omar Bongo

GABON : l’action Total Bongo indifférente après le décès du président Omar Bongo

12 juin 2009
La société est détenue à 25% par la République gabonaise
Bizarrement l’action Total Gabon n’a pas réagi à l’annonce du décès d’Omar Bongo, président du Gabon.
BONGO    Omar Bongo, président de la république du Gabon
Pourtant, la République gabonaise détient 25 % du capital de la société et la famille Bongo quelques pour cent supplémentaires. Dans les non-dits de la Françafrique, il était établi que le dividende de Total Gabon était fixé à Libreville par Omar Bongo lui-même, alors que Total détient 58 % du capital.  La valeur boursière de Total Gabon est de 1,1 milliard d’euros. Une paille !… Surtout lorsqu’on sait que la compagnie dispose de 220 millions de barils de réserves prouvées, ce qui représente une valorisation minimale de 5,4 milliards d’euros.

GABON : Arrivée de la dépouille du président Omar Bongo

11 juin 2009
Des milliers de personnes ont accueilli  à l’aéroport de Libreville, la dépouille d’Omar Bongo. Les hommages se sont poursuivis au palais présidentiel et vont durer plusieur jours, le temps pour la population de saluer une dernière fois l’ancien président. Les funérailles se dérouleront le mardi 16 juin 2009 en présence de nombreux chefs d’Etat et de gouvernement. Omar Bongo sera inhumé dans l’intimité, le  18 juin, dans sa région natale du Haut-Ogooué.  C’est à bord d’un avion du roi d’Espagne que la dépouille d’Omar Bongo a regagné le Gabon. L’avion s’est posé  à l’aéroport international Léon Mba.
dépouille d'Omar Bongo arrivée Espagne Gabon     Arrivée de la dépouille du président Omar Bongo
Il y avait beaucoup de monde pour accueillir le président défunt, en tête desquels les membres de sa famille et son fils Ali Ben Bongo. Il y avait également la présidente par intérim, Rose Francine Rogombé.  Lors d’une cérémonie militaire, la dépouille du président défunt a été présenté aux forces armées. Ce sont huit officiers supérieurs de l’armée gabonaise qui ont porté le cercueil, jusqu’au command-car militaire.  Le cortège a ensuite traversé la ville de Libreville pour rejoindre la présidence, où les hommages et les dépôts de gerbes vont se poursuivre. La priorité a été accordée à la famille présidentielle. Il y a eu d’abord les enfants, les nombreux petits-fils du président, ensuite alignés les uns derrière les autres, les proches parents du président Bongo. Affligés, ils s’inclinent devant le cercueil placé sous une chapelle ardente.  Après la famille, le tour reviendra toute la nuit au peuple. Pour l’instant la très vaste cour du palais présidentiel avec ses nombreux halls est devenue une place assiégée. Entrer ou sortir relève d’un véritable parcours du combattant.  La foule qui accompagnait le président de l’aéroport jusqu’au palais reste compacte. Tout le monde veut toucher le cercueil avant de rentrer à la maison, une façon peut-être, de rentrer dans l’Histoire.  Les obsèques se dérouleront en présence d’une dizaine de chefs d’Etat, mais on ne sait pas encore lesquels. Ce qui est sûr c’est que l’ancien président français Jacques Chirac et l’actuel chef de l’Etat français Nicolas Sarkozy seront présents aux cérémonies, tout comme le président congolais Denis Sassou Nguesso, beau-père du chef d’Etat gabonais.  Après les obsèques, la dépouille d’Omar Bongo quittera Libreville pour Franceville, dans le sud-est du pays, là où l’ancien président gabonais sera inhumé.

GABON : Rose Rogombé assume après le décès du président Omar Bongo

11 juin 2009
Rose Francine Rogombé, investie chef de l’Etat gabonais par intérim après le décès d’Omar Bongo Ondimba, a salué les institutions de son pays pour avoir permis “une transition paisible”. Elle à “remercier les institutions de la République qui ont permis cette transition paisible dans le strict respect de notre Constitution”, a affirmé Mme Rogombé née Etomba, 66 ans, passée de première femme président du Sénat à première femme chef de l’Etat du Gabon. Selon le programme officiel des obsèques, M. Bongo recevra l’hommage de plusieurs chefs d’Etat et de gouvernement le mardi 16 juin  2009 à Libreville. Son inhumation est prévue “dans l’intimité” le jeudi 18 juin dans le Haut-Ogooué (sud-est), sa région natale. Au lendemain de l’annonce du décès de M. Bongo, le gouvernement a saisi la Cour constitutionnelle, qui a constaté la vacance du pouvoir et lui a confié provisoirement les fonctions de président de la République, conformément à la Constitution. Mme Rogombé, qui a prêté serment devant les institutions et corps constitués, a notamment pour mission d’organiser une élection présidentielle dans un délai de 30 jours au moins et 45 jours au plus, scrutin auquel elle ne peut se porter candidate, selon la Loi fondamentale. “Je veillerai, comme je m’y suis engagée, au respect scrupuleux de la Constitution, au maintien de l’Etat de droit et à la préservation des libertés fondamentales”, a-t-elle promis, en exhortant ses compatriotes au calme et la communauté internationale à la confiance. Aux Gabonais, elle a notamment demandé de “vaquer librement à (leurs) occupations”. “Au-delà du deuil qui nous accable, le pays doit continuer à fonctionner normalement. J’appelle donc les uns et les autres au calme, à la sérénité, à la responsabilité et à la vigilance”, a déclaré Mme Rogombé.  “A nos partenaires au développement, je tiens à les assurer que notre pays continuera à respecter tous ses engagements. Aux nombreux pays amis du Gabon, je voudrais leur confirmer que nous maintiendrons les excellentes relations que nous entretenons. A ceux qui ont choisi de vivre dans notre pays, qu’ils sachent qu’ils peuvent compter, comme par le passé, sur notre hospitalité légendaire”, a-t-elle poursuivi.
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GABON : Décès du président Omar Bongo

7 juin 2009
Le président gabonais Omar Bongo Ondimba, au pouvoir depuis 41 ans et doyen des chefs d’Etat africains en exercice, est mort à l’âge de 73 ans L’information n’a pas été confirmée officiellement à Libreville. Le premier ministre gabonais Jean Eyeghe Ndong a affirmé qu’il n’était “pas au courant” de ce décès. Omar Bongo avait été hospitalisé à Barcelone en mai, et même si les autorités gabonaises ont longtemps tenté de dissimuler la gravité de son état, la probabilité d’une issue funeste était évoquée avec insistance. Le 6 mai 2009  alors qu’il n’avait plus été vu en public depuis plusieurs jours, la présidence avait annoncé à la surprise générale qu’il suspendait ses activités pour se reposer et faire le deuil de son épouse, Edith Lucie, décédée le 14 mars 2009.
Omar Bongo le 18 mars 2009 au Maroc   Le président Omar Bongo au Maroc en mars 2009
M. Bongo était hospitalisé dans une clinique privée. Selon les autorités gabonaises, le chef de l’Etat gabonais y avait été admis pour un simple “bilan de santé”. D’autres sources interrogées avaient au contraire indiqué qu’il se trouvait dans un état “grave”, soigné pour un cancer. Après 41 ans de pouvoir sans partage, la succession de ce dinosaure s’annonce d’autant plus difficile que le président n’a jamais désigné de successeur, dans une situation économique et sociale mauvaise. Selon la Constitution gabonaise, le président du Sénat, actuellement Mme Rose Francine Rogombé, doit assurer la transition jusqu’à un scrutin à programmer au plus tard 45 jours après le constat de la vacance du pouvoir. Jadis considéré comme un petit eldorado pétrolier africain, le Gabon, exportateur de matières premières et importateur de biens manufacturés, est touché de plein fouet par la crise, victime de longues années d’une gestion sans diversification de l’économie, et gangrené par la corruption. Les mouvements de grève dans la fonction publique se sont multipliés ces derniers mois, avec un possible risque d’explosion sociale. Sur le plan ethnique, le Gabon est composé d’une constellation de petites ethnies dont la plus importante est celle des Fangs (40%). Le président Bongo avait réussi à instaurer un savant équilibre des pouvoirs entre ces ethnies, et sa mort risque de changer la donne même si, selon les experts, des violences ethniques sont peu probables. Omar Bongo était l’un des symboles de la “Françafrique”, cette relation complexe entretenue entre Paris et ses anciennes colonies d’Afrique, où se mêlent raison d’Etat, lobbies et réseaux politico-affairistes. Si Jacques Foccart, à l’époque le tout puissant secrétaire général de l’Elysée aux affaires africaines, avait mis en place Bongo à la mort du président Léon Mba à la fin 1967, selon des historiens, la France devrait cette fois rester éloignée de la bataille de succession. En coulisses, le mot d’ordre est “laisser faire”, selon des sources diplomatiques françaises. Ces dernières années, les relations s’étaient tendues entre le dirigeant gabonais et l’ancienne puissance coloniale. Le président Bongo, qui se targuait d’avoir connu personnellement tous les présidents français depuis son arrivée au pouvoir, n’avait pas apprécié les déclarations de la présidence française promettant la fin de la “Françafrique”. Mais, surtout, il acceptait mal à la fois les révélations sur son patrimoine immobilier en France, et la procédure engagée par des ONG l’accusant d’avoir financé ses biens avec de l’argent public détourné.

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