CENTRAFRIQUE : Ziguèlé candidat à l’élection présidentielle de 2010

21 juin 2009
L’ancien premier ministre Martin Ziguélé a été choisi par son parti aujourd’hui comme candidat à l’élection présidentielle qui se déroulera en 2010
Ziguélé Martin   Martin Ziguélé

NIGERIA : les rebelles attaquent deux oléoducs de Shell

21 juin 2009
Le principal groupe armé dans le sud pétrolifère du Nigeria, le Mouvement d’émancipation du Delta du Niger (Mend), a attaqué  à l’aube deux oléoducs de Shell et revendiqué une troisième opération que la compagnie anglo-néerlandaise a démentie.
shell-logo      Logo Shell
Le Mend a annoncé avoir attaqué  un “important oléoduc” à Adamakiri, puis un autre  plus tard à Kula, tous deux dans l’Etat de Rivers. Un responsable de Shell au Nigeria a confirmé ces attaques, sans donner plus de précisions dans l’attente d’une inspection sur place. Selon le même responsable, la production ne serait pas trop affectée. Shell a toutefois démenti une troisième attaque à l’aube revendiquée par le Mend. Un responsable de Shell Petroleum Development Company (SPDC Nigeria, bien SPDC) a déclaré que le nom cité par le groupe armé dans sa revendication faisait “partie” des deux sites où deux oléoducs ont été attaqués dans la nuit. Le Mend, qui a lancé une “guerre du pétrole” le 7 juin 2009 et dit se battre au nom des populations pauvres du delta, avait affirmé avoir attaqué une installation offshore et qu’elle était en feu. Le Mend avait déjà annoncé une attaque à l’explosif contre un “important” oléoduc de Shell dans l’Etat de Bayelsa dans le sud. Depuis le lancement de son offensive le groupe a multiplié les attaques qui, outre Shell, ont déjà visé l’italienne Agip et l’américaine Chevron. Un oléoduc d’Agip dans l’Etat de Bayelsa a été saboté, entraînant une perte de production équivalente à 33.000 barils/jour de brut et à deux millions de mètres cubes de gaz par jour, selon le groupe ENI. Quant à Chevron, le Mend a de nouveau menacé la compagnie dont, selon le mouvement clandestin, une piste d’aéroport a été utilisée par les forces aériennes nigérianes “pour lancer des attaques et bombarder des communautés civiles” dans l’Etat du Delta. “Chevron a fait la même erreur que Shell contre les communautés Ogoni et payera un prix deux fois plus élevé”, a averti le Mend. Si le Mend s’en prend à tour de rôle aux multinationales présentes dans le delta, Shell est sa cible de prédilection depuis début 2006, avec pour résultat une baisse très importante de sa production pétrolière et gazière. La compagnie a ainsi annoncé avoir déclaré l’état de force majeure pour son terminal d’exportation de Forcados à compter du 16 juin, entraînant la non garantie des livraisons du reste du mois et de juillet. Shell a expliqué avoir pris cette décision en raison de retards causés par des dégâts sur un oléoduc majeur, le Trans-Escravos, attaqué début mars par des inconnus. En raison de ces violences à répétition dans cette région clé pour le Nigeria qui en tire plus de 90% de ses devises, la production pétrolière a chuté d’environ un tiers depuis 2006, passant de 2,6 millions de barils par jour alors à environ 1,8 million b/j actuellement. Depuis quelques semaines la situation s’est sensiblement radicalisée dans la région. Suite à l’enlèvement de plusieurs de ses hommes, la force mixte police-armée (JTF) a lancé en mai une vaste offensive pour “chasser” les groupes armés du delta. Conséquence de ce regain d’activité et de la radicalisation des autorités nigérianes, les cours du brut sont rapidement repartis à la hausse  à New York, le baril a renoué avec les 72 dollars dans un marché inquiet de la situation dans ce pays ouest-africain.

RWANDA : Kigali autorise de nouveau la BBC mais avec conditions

21 juin 2009
Les émissions du service en langue nationale, suspendues depuis le 25 avril 2009  sont à nouveau tolérées mais si la BBC “corrige ce qui lui est reproché”. La chaîne britannique de donner la parole à des “négationnistes”.  Les émissions du service en langue nationale de la BBC, suspendues depuis le 25 avril, ont de nouveau été autorisées par le gouvernement rwandais mais celui-ci exige que la radio britannique “corrige ce qui lui est reproché”, a-t-on appris sur les ondes de Radio Rwanda. Les services de la BBC n’ont pas réagi encore à ce jour. La ministre rwandaise de l’Information, Louise Mushikiwabo,  a effectivement précisé que le Conseil des ministres avait levé cette suspension.  Le Conseil, présidé par Paul Kagame, chef de l’Etat rwandais, se tient le  vendredi.
paul_kagame            Le président du Rwanda Paul Kagame
Le pays reprochait au service en kinyarwanda (langue nationale) de la BBC de donner la parole à des “négationnistes” mettant ainsi en péril le processus de réconciliation nationale dans ce petit pays d’Afrique centrale qui tente de se remettre des conséquences du génocide de 1994. C’est notamment la diffusion d’interviews “susceptibles” d’entraver les efforts d’unité et de réconciliation nationale, selon Kigali. Le gouvernement rwandais avait dans un premier temps adressé plusieurs mises en garde au service commun kinyarwanda-kirundi de la BBC, avant de décider de la suspension.

AFRIQUE : La Russie tente un retour avec une tournée du président Medvedev

21 juin 2009
Le président russe Dmitri Medvedev entame  une tournée en Afrique afin d’aider la Russie à reprendre ses marques sur un continent où l’influence de Moscou, importante durant la Guerre froide, a disparu après la chute de l’URSS. M. Medvedev se rendra d’abord en Egypte, puis au Nigeria, en Namibie et en Angola  avec comme objectif d’étendre la présence économique russe en Afrique.
 
xvladimir_poutine_numero_21  Le premier ministre russe Vladimir Poutine
Vladimir Poutine fut le seul maître du Kremlin à se rendre en Afrique sub-saharienne, en 2006, lors d’un voyage au Maroc et en Afrique du sud. “Si les Américains sont désormais actifs dans l’espace post-soviétique, il est naturel que nos dirigeants veuillent montrer que nous pouvons être actifs hors de cet espace”, estime Apollon Davidson, un historien spécialiste de l’Afrique en Russie. D’autant que durant la Guerre froide, le continent africain fut l’un des terrains où américains et russes se livrèrent à une lutte d’influence, notamment en Angola, et où les conflits entre forces pro-occidentales et communistes furent nombreux. Aujourd’hui la lutte est avant tout économique, et se concentre sur les réserves naturelles africaines (pétrole, gaz, diamant, minerais et uranium) qui restent largement sous-exploitées. Le géant gazier russe Gazprom s’est ainsi dit prêt à défier ses concurrents occidentaux en Afrique, tout en regrettant son grand retard, dû au retrait de Moscou du continent après la chute de l’URSS en 1991 et qui pourrait bien s’avérer difficile à rattraper. “Traditionnellement, nos relations économiques et commerciales ne sont pas très fortes, car les liens entre l’Union soviétique et l’Afrique avaient avant tout des fondements politiques et idéologiques”, explique M. Davidson. Autre problème, la concurrence est désormais multiple, la Chine, notamment, ayant fait de grands progrès dans la course à certaines des richesses africaines. “Très clairement, ce sera beaucoup plus dur que durant les années 1980, où l’on était soit dans le bloc occidental soit dans le bloc soviétique”, souligne Samir Gadio, analyste à Moscou pour la banque d’investissement Renaissance Capital. L’Egypte est le principal partenaire commercial de la Russie en Afrique, alors que les relations économiques avec l’Angola, le Nigeria et la Namibie, qui dispose notamment d’importantes mines d’uranium, sont insignifiantes, relève M. Gadio. Mais le Nigeria pourrait attirer “un nombre croissant d’investissements directs” de Russie, si Gazprom décroche un contrat pour y construire un nouveau gazoduc, souligne l’expert. Le géant gazier russe aimerait participer au projet de gazoduc transsaharien qui vise à approvisionner l’Europe en gaz nigérian, un tracé soutenu par l’Union européenne qui veut réduire sa dépendance énergétique vis-à-vis de la Russie.
Medvedev Dmitri  Le president russe Dmitri Medvedev
Lors de la visite de M. Medvedev, le Nigeria et la Russie doivent signer un accord de coopération dans le domaine de l’énergie nucléaire et créer une coentreprise entre Gazprom et la Nigerian National Petroleum Corporation (NNPC). “Le monde des affaires russes comprend que l’Afrique est un large marché où il y a plus d’opportunités que dans n’importe quelle autre région du monde”, expliqus Dmitri Soutchkov, de la banque publique russe VEB. Certaines grosses compagnies russes y sont d’ailleurs déjà présentes, le géant de l’aluminum Rusal du milliardaire Oleg Deripaska opérant au Nigeria et en Guinée, tandis que Alrosa, le monopole russe du diamant, travaille en Angola.
OLEG DERIPASKA       Oleg Deripaska