24 avril 2009
Le projet de construire un pont route-rail sur le fleuve Congo reliant Kinshasa à Brazzaville ravive une controverse autour de cette initiative de longue date en République démocratique du Congo (RDC). Le secrétaire général de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC), Sylvain Ngoma, a présenté à Kinshasa au Premier ministre de la RDC, Adolphe Muzito, l’offre de la Banque africaine de développement (BAD) pour la construction d’un tel point.
Le ministre de la RDC, Adolphe Muzito
“La BAD est disposée à débloquer 230 millions de dollars pour les études de pré-faisabilité et de faisabilité pour la construction rapide du pont sur le fleuve Congo” qui devrait relier les deux capitales les plus rapprochées du monde, a déclaré Sylvain Ngoma, ancien Premier ministre de la République du Congo. Ce projet, initialement conçu en 1991, n’a pas été mis en oeuvre faute de financement et de solutions aux différents problèmes internes des deux Congo. Il a été ensuite inscrit dans le cadre de l’intégration régionale prônée par le Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique (NEPAD), adopté en 2001 à Lusaka (Zambie) pour promouvoir le développement et les investissements sur le continent africain. Selon les experts du NEPAD, l’insuffisance des échanges commerciaux inter-africains est une des causes majeures de la paupérisation de l’Afrique. Et ils préconisent que les Etats africains se doivent d’échanger plus avec leurs voisins au niveau régional sous l’égide de l’Union africaine (UA). Pour la CEEAC, la construction du pont route-rail reliant Kinshasa à Brazzaville sur le fleuve Congo est une opportunité ”non négligeable” pour la RDC. Mais à Kinshasa, on ne juge pas prioritaire ce projet qui date de près d’une dizaine d’années. La construction de ce pont route-rail “ne peut être possible qu’après des études de son impact sur les ports congolais de Matadi et Boma”, a indiqué le ministre congolais du Plan, Olivier Kamitatu Etsou. Ces deux ports, situés dans la province du Bas-Congo représentant 60 % des recettes douanières de la RDC, très loin devant les postes douaniers de Kasumbalesa au Katanga, et de Kasindi et Bunagana dans la province du Nord-Kivu. Selon M. Etsou, la construction du pont route-rail Kinshasa-Brazzaville équivaut à la suppression de ces deux grands ports congolais, à la disparition de l’Office de gestion du fret maritime (OGEFREM), de l’Office congolais de contrôle (OCC), à la diminution de l’activité de l’Office national de transport (ONATRA), de trois entreprises de l’Etat congolais, mais aussi de nombreuses agences en douanes. Cela signifie la disparition de 60% des recettes douanières pour l’Etat congolais et la diminution de l’activité économique sur l’ensemble de la province du Bas-Congo, estiment des analystes congolais. Les mêmes soucis sont surtout très remarqués parmi les populations du Bas-Congo qui crient à leur asphyxie qu’occasionnerait la construction d’un tel pont au détriment du développement économique de la province. D’après Léon Kiadi, professeur d’université et expert en économie, le rebondissement de ce projet participe à la réalisation des plans de voir la RDC partager ses richesses avec les pays voisins, sans tenir compte du développement du pays ni du bien-être de ses populations. Si la BAD veut réellement aider la RDC dans son développement, elle doit plutôt financer la construction du port en eau profonde à Banana et non le pont entre Kinshasa et Brazzaville, a commenté le professeur Kiadi. Un tel projet “deviendrait une source de conflits entre, d’une part, la RDC et son voisin d’en face et, d’autre part, entre la RDC et la CEEAC”. Dossier à suivre
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24 avril 2009
Le ministre camerounais de la Communication Jean Pierre Biyiti Bi Essam est entendu depuis quelques jours par la police Judiciaire camerounaise pour tentative de détournement de l’argent alloué pour la couverture médiatique de la visite du Pape Benoït XVI au Cameroun du 17 au 20 mars 2009. L’enquête initiée par l’Agence d’investigation financière (Anif) vient du fait que M. Biyiti Bi Essam a mis respectivement le 26 février et le 10 mars 2009 dans son compte personnel logé à la Société Générale de Banque au Cameroun (SGBC) les sommes de 60 et 70 millions de Fcfa (environ 102.000 et 110.000 euros). Avant son départ pour l’étranger, le chef de l’Etat camerounais Paul Biya, qui avait été saisi par l’Anif, a instruit une audition sans interpellation des personnes mises en cause. Le ministre de la Communication est accusé d’avoir enfreint à la réglementation en vigueur au Cameroun qui interdit que l’argent public soit mis dans un compte privé.
Le ministre camerounais de la Communication Jean Pierre Biyiti Bi Essam
M. Biyiti Bi Essam a toutefois déclaré qu’il voulait tout simplement sécuriser l’argent en question. J’ai effectivement effectué deux versements importants sur mon compte d’épargne SGBC. La seule lecture honnête possible de l’ acte que j’ai posé, c’est le souci de sécurisation”, a déclaré le ministre. ”Ne disposant pas de coffre-fort à mon cabinet, ni d’ailleurs à mon domicile mon embarras est donc total. J’opte donc, et j’ assume, pour la solution la moins risquée à mes yeux”, a expliqué le ministre. Les enquêteurs, la police judiciaire, puis le procureur de la République qui ont entendu le ministre, veulent également savoir ce qui a été fait des sommes allouées pour la couverture médiatique de la visite papale. D’après certaines sources, le ministre de la Communication avait reçu en espèce de son collègue des finances, la somme de 770 millions de Fcfa. La radio télévision nationale aurait perçu 450 millions de Fcfa, la Cameroon Telecommunication (Camtel) 140 millions et le quotidien Cameroon Tribune 40 millions. 140 millions ont été gérés par le ministère de la Communication et rien pour la presse privé. Affaire à suivre.
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