16 février 2009
Le président chinois Hu Jintao à Dakar le 14 février 2009
Le président chinois Hu Jintao est arrivé à Maurice, dernière étape d’une quatrième tournée en Afrique depuis sa prise de fonctions en 2003 qui signe la volonté de Pékin d’ancrer sa présence sur le continent. Comme au Mali, au Sénégal et en Tanzanie lors de ses prédécentes étapes, M. Hu va signer avec le gouvernement mauricien des accords de coopération, en matière d’infrastructures aéroportuaires et routières dans le cas de Port-Louis. Cette visite à Maurice a également pour le président chinois un volet culturel et politique: cette île de l’océan Indien compte l’une des plus importantes diasporas chinoises en Afrique, avec plus de 30.000 ressortissants d’origine chinoise engagés dans le commerce, les professions libérales et dans le secteur judiciaire notamment. En outre, Maurice a été parmi les tout premiers pays à reconnaître dès 1972 “une seule Chine” et à rompre toute relation avec Taïwan. “La Chine n’a jamais oublié cette démarche”, selon le ministre mauricien des Affaires étrangères, Arvin Boolell. La Chine est un des principaux partenaires commerciaux mauriciens et arrive en deuxième position après l’Inde parmi les pays exportateurs vers Maurice. Les exportations mauriciennes vers la Chine sont quant à elles insignifiantes. Mais la place financière de Maurice est très largement utilisée par les investisseurs étrangers comme relais vers le marché chinois, grâce à un accord de non double-taxation entre Port-Louis et Pékin. Ce qui fait que les statistiques chinoises présentent Maurice parmi les dix premiers investisseurs en Chine. Avec l’île Maurice, le chef de l’Etat chinois aura au total visité 18 pays africains depuis son accession à la présidence en 2003. “La haute direction chinoise a passé beaucoup de temps à visiter les pays riches en pétrole par le passé mais elle a aussi une politique délibérée d’aller partout, car tous les pays africains sont importants pour soutenir la Chine dans les forums internationaux”, expliquait, avant la nouvelle tournée de M. Hu, Barry Sautman, spécialiste des relations sino-africaines de la Hong Kong University of Science and Technology. Dans le contexte de crise économique mondiale qui inquiète nombre de pays du continent redoutant de faire les frais d’une diminution de l’aide internationale au développement, M. Hu s’est voulu rassurant envers l’Afrique. Dès le début de sa tournée à Bamako, il a assuré que “la Chine maintiendra la densité de ses échanges avec le continent africain” et que Pékin envisageait également “d’alléger la dette de l’Afrique contractée vis-à-vis de la Chine”, sans toutefois fournir de données chiffrées. Cette politique offensive sur le continent, à la fois économique et diplomatique, se traduit dans les chiffres du commerce extérieur chinois: la Chine a décuplé ses échanges commerciaux avec l’Afrique depuis le début de la décennie. Selon des statistiques officielles chinoises, le commerce entre la Chine et l’Afrique a atteint en 2008 le record de 106,84 milliards de dollars, en progression de 45,1% sur un an. Les exportations chinoises vers l’Afrique ont représenté 50,84 milliards de dollars, en hausse de 36,3% par rapport à 2007. Les importations, principalement des matières premières et, surtout, du pétrole, ont totalisé 56 milliards de dollars, soit +54% en glissement annuel, du fait essentiellement de la hausse des cours des matières premières. Sans surprise, c’est un pays exportateur de pétrole, l’Angola, qui arrive au premier rang des partenaires de la Chine sur le continent
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Chine - Japon - Corée du Nord et Sud - Taiwan | Tagué: 4ème tournée africaine Hu Jintao, Afrique, Angola, Arvin Boolell, Chine, Ile Maurice, ministre mauricien des Affaires étrangères, Pétrole, Tanzanie |
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16 février 2009
Roy Bennett, désigné vice-ministre de l’Agriculture, et le Premier ministre Morgan Tsvangirai le 18 avril 2008
L’ancien fermier blanc Roy Bennett, désigné par l’ancienne-opposition pour entrer dans le gouvernement d’union du Zimbabwe, attendait de comparaître devant la justice pour “terrorisme”, alors que la nouvelle équipe ministérielle se mettait au travail. Le procès du trésorier du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), prévu devant le tribunal de Mutare (270 km à l’est de Harare), n’avait toujours pas commencé quatre heures plus tard. Roy Bennett “n’a pas encore été conduit au palais de justice. Il est toujours en détention au poste de police”, a expliqué son avocat Trust Maanda. “On nous a dit que les procureurs chargés du dossier devaient encore venir d’Harare.” Une ne centaine de personnes patientaient dans le calme devant le tribunal, autour duquel avaient été déployés de nombreux policiers armés de matraques. L’ancien député MDC, nommé par son parti vice-ministre de l’Agriculture du gouvernement d’union, a été arrêté vendredi au moment même de la prestation de serment de la nouvelle équipe ministérielle. Initialement inculpé de trahison, une charge passible de la peine de mort, Roy Bennett, qui n’est rentré qu’en janvier de près de trois ans d’exil, est désormais accusé de terrorisme, sabotage et banditisme. Selon son avocat, il est soupçonné d’avoir comploté en 2006 avec un autre fermier blanc pour acquérir des armes et attaquer un poste de télécommunications. Pour le MDC du nouveau Premier ministre Morgan Tsvangirai, les autorités “sont clairement à la pêche aux accusations et se raccrochent à la moindre brindille parce qu’ils savent très bien qu’il n’y a aucune raison, ni même de soupçons, pour inculper Roy Bennett”. Le parti, qui partage désormais le pouvoir avec le camp du président Robert Mugabe, assure que le dossier n’est qu’une “vendetta politique vengeresse et malveillante”. Il exige donc la “libération immédiate et inconditionnelle” de Roy Bennett et de la trentaine d’autres prisonniers politiques, dont la défenseur des droits de l’Homme Jestina Mukoko, détenus depuis plusieurs mois. Son secrétaire général et nouveau ministre des Finances, Tendai Biti, a indiqué que Morgan Tsvangirai était “en contact” avec Robert Mugabe au sujet de Roy Bennett et espéré que sa libération intervienne d’ici à mardi. “S’il n’est pas libéré, nous aurons une discussion en interne pour décider d’une réaction”, a-t-il poursuivi, sans donner plus de détail. Après des mois d’âpres négociations, le MDC et le parti présidentiel ont formé vendredi un gouvernement de coalition dans le but de sortir de l’impasse née de la défaite du régime aux élections générales du 29 mars et de redresser un pays en ruine. Le gouvernement “a commencé son nouveau travail”, a déclaré à Nelson Chamisa, l’ancien porte-parole du MDC devenu ministre des Technologies de l’Information. “Nous nous consacrons à des études de terrain pour comprendre les manquements et les problèmes et définir les questions qui ont besoin d’une réponse d’urgence au sein de chaque ministère”, a-t-il précisé. Dans ce pays à l’économie moribonde, la tâche est dantesque: l’hyperinflation se compte en milliards pour cent, le chômage atteint 94% de la population, la production est au point-mort. Et une épidémie de choléra a fait plus de 3.500 morts depuis août.
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13 février 2009
Le président zimbabwéen Robert Mugabe félicite son nouveau ministre des Finances Tendai Biti à Harare le 13 février 2009
Après des mois d’un duel sans merci entre le président Robert Mugabe et Morgan Tsvangirai, le nouveau gouvernement d’union au Zimbabwe a prêté serment lors d’une cérémonie historique ternie par l’arrestation d’un responsable de l’ex-opposition, désigné comme ministre. L’ancien député blanc Roy Bennett, vice-ministre désigné de l’Agriculture, a été interpellé par la police dans un petit aéroport de la banlieue de Harare, a indiqué son parti, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC) de Tsvangirai. Ancien fermier blanc, expulsé de sa ferme en 2003, il était rentré en janvier au Zimbabwe après trois ans en Afrique du Sud, où il avait fui une accusation de complot contre le président Mugabe. L’annonce de son arrestation a provoqué la fureur de sympathisants du MDC près d’un commissariat à Mutare (est), localité située à 400 km de Harare, où l’ancien-député a été conduit après son arrestation. “La situation est très hystérique ici. Les sympathisants du parti (…) réclament la libération de Roy Bennett. La police utilise des chiens pour disperser la foule”, a déclaré son avocat, Trust Amanda. Roy Bennett a été inculpé de “trahison” par la police, a annoncé le MDC dans la soirée, dénonçant une décision “motivée politiquement” qui n’a “pour finalité que de justifier son maintien en détention”. Malgré cet incident, les nouveaux ministres du gouvernement d’union, à l’exception de M. Bennett, ont prêté serment devant le chef de l’Etat, qui a affirmé être déterminé à travailler avec la nouvelle équipe. “Quand je dis que je veux travailler avec vous sincèrement et honnêtement, je le pense”, a-t-il lancé. “Il faut que l’on apprenne à se connaître. Quand on se connaît (…) on apprend à avoir foi et confiance”, a poursuivi M. Mugabe, qui aura 85 ans le 21 février et dirige le pays depuis l’indépendance en 1980. Il avait déjà tendu “la main de la coopération” à ses anciens adversaires, juste après avoir investi comme Premier ministre M. Tsvangirai. Les deux hommes ont convenu en septembre de partager le pouvoir pour sortir de l’impasse née de la déroute du régime lors des élections générales du 29 mars. C’est dans ce contexte qu’ils ont formé un gouvernement avec des membres du parti présidentiel, l’Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (Zanu-PF), et du MDC. Malgré ses déclarations de bonne intention, le président Mugabe a retenu pour cette coalition des faucons de son ancienne équipe. Emmerson Mnangagwa, considéré comme son possible successeur, passe ainsi du Logement rural à la Défense. Il dirigeait les services de sécurité au moment du massacre de près de 20.000 opposants présumés dans la province du Matabeleland dans les années 1980. La Zanu-PF conserve également le ministère de la Sécurité nationale et de la Justice, gardant ainsi la mainmise sur l’appareil sécuritaire, à l’exception du portefeuille de l’Intérieur, divisé entre deux co-ministres de chaque camp. De son côté, M. Tsvangirai a également choisi de s’entourer de proches. Parmi eux, le secrétaire général du MDC, Tendai Biti, hérite du ministère des Finances. Il aura pour mission de ressusciter une économie moribonde: hyperinflation de plusieurs milliards pour cent, taux de chômage de 94%, production au point mort et infrastructures en ruine. Pour ce faire, il lui faudra convaincre la communauté internationale d’apporter une aide substantielle, qu’une crise humanitaire sans précédent rend d’autant plus urgente.
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Afrique anglophone et lusophone | Tagué: Emmerson Mnangagwa, Harare, ministre des Finances Tendai Biti, Morgan Tsvangirai, Robert Mugabe, Roy Bennett, Zimbabwe |
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13 février 2009
L’épouse du président gabonais, Edith Lucie Bongo, à Beyrouth le 19 octobre 2002
L’épouse du président gabonais, Edith Lucie Bongo, hospitalisée depuis plusieurs jours dans une clinique royale à Rabat, est “gravement malade” et même “dans un coma profond”.Le président de la République du Congo, Denis Sassou Nguesso, se trouve à Rabat depuis le 7 février pour “s’assurer de l’état de santé de sa fille qui agonise”. “Le président congolais est arrivé en urgence en fin de semaine dernière au Maroc pour s’assurer de l’état de santé de sa fille, épouse du président gabonais El Hadj Omar Bongo”. Selon notre contact sur place le Maroc a mis à la disposition du président Sassou Nguesso une résidence royale à Témara, à une douzaine de kilomètres au sud de Rabat.
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11 février 2009
L’envoyé spécial de l’ONU en RDC Olusegun Obasanjo à Nairobi le 8 décembre 2008
Le médiateur de l’ONU pour l’est de la République démocratique du Congo (RDC), Olusegun Obasanjo, a annoncé que les négociations de Nairobi entre Kinshasa et la principale rébellion congolaise reprendraient et seraient élargies aux autres groupes armés. “Les négociations de Nairobi vont reprendre pour déterminer ce qui sera fait après et comment le faire”, a déclaré l’ancien -président du Nigeria à Goma, capitale de la province du Nord-Kivu, dans l’est de la RDC. M. Obasanjo, qui s’exprimait à l’issue d’une rencontre avec le gouverneur du Nord-Kivu Julien Paluku, n’a cependant indiqué aucune date de reprise de ces négociations. Des pourparlers directs entre le gouvernement congolais et le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) avaient commencé le 8 décembre à Nairobi, sous la médiation de l’ONU, pour trouver une issue à la crise dans l’est de la RDC, marquée par une reprise des combats fin août 2008 entre cette rébellion congolaise et l’armée nationale. Le CNDP était à l’époque dirigé par son chef historique Laurent Nkunda, qui a depuis été lâché par la plupart de ses commandants, ralliés à Kinshasa. A la suite du déclenchement le 20 janvier 2009 d’une opération conjointe dans le Nord-Kivu par les armées congolaise et rwandaise, à l’occasion de laquelle Laurent Nkunda a été arrêté au Rwanda, ces négociations ne se sont pas poursuivies. Après la reprise des pourparlers, “les autres groupes armés ne seront pas exclus (…) nous devons accomplir nos objectifs et terminer notre mission de pacification”, a ajouté M. Obasanjo. En plus du CNDP, d’autres milices opèrent dans le Nord-Kivu, notamment des groupes traditionnels pro-gouvernementaux Maï-Maï. La plupart de ces milices, dont les Patriotes résistants congolais (Pareco), ont annoncé en janvier qu’elles cessaient les hostilités. Le médiateur de l’ONU a également précisé qu’après Nairobi, les négociations devraient se poursuivre en RDC. Après l’arrestation de Laurent Nkunda et le ralliement de l’essentiel du CNDP à Kinshasa, les anciens rebelles ont commencé à être intégrés dans l’armée congolaise. La nouvelle direction du CNDP a annoncé le 4 février 2009 la poursuite de son combat “par des moyens purement politiques (…) dans le respect de la Constitution et des lois de la RDC”. Mais, avait-elle prévenu, “la poursuite des négociations à Nairobi entre le gouvernement et le CNDP constitue une exigence réciproque de bonne foi, exigence sans laquelle la présente déclaration n’aurait pas de sens manifeste”. M. Obasanjo, qui s’est rendu à Luanda et à Kinshasa avant l’étape de Goma, devait ensuite aller à Kigali.
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Afrique centrale et équatoriale, Afrique francophone | Tagué: Kigali, Kinshasa, Laurent Nkunda, Nairobi, Nigéria, Nord Kivu, Olusegun Obasanjo, ONU, RDC République Démocratique du Congo, Rebelles |
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11 février 2009
Le nouveau premier ministre Morgan Tsvangirai à Harare le 11 février 2009
Le leader de l’opposition au Zimbabwe, Morgan Tsvangirai est devenu le Premier ministre de son rival de toujours, le président Robert Mugabe, promettant de “guérir la Nation”, de rebâtir l’économie en ruine et de mettre fin aux violences politiques. “Les violences politiques doivent s’arrêter aujourd’hui”, a déclaré le chef du Mouvement pour le changement démocratique (MDC, ex-opposition) devant 10.000 de ses partisans rassemblés à Harare. “Nous ne pouvons plus laisser des frères combattre leurs frères”, a-t-il lancé, soulevant une ovation de la foule.
Fiche présentation
Le chef de l’opposition devient Premier ministre . “Nous devons guérir la Nation. Sans processus de réconciliation nationale, nous ne pourrons pas progresser ensemble” dans le gouvernement d’union qui doit entrer en fonction vendredi, près d’un an après la défaite du régime Mugabe aux élections générales du 29 mars 2008. Le président Mugabe, qui à bientôt 85 ans dirige le pays d’une main de fer depuis l’indépendance en 1980, a lui aussi reconnu que la première tâche du gouvernement serait de surmonter la défiance accumulée entre le régime et son ancienne opposition. Les violences déchaînées depuis les élections de mars ont fait plus de 180 morts, surtout dans les rangs de partisans du MDC ou supposés tels. M. Mugabe a fini par être réélu en juin dans un scrutin où il était seul en lice. “Nous conscients du fait que la route a été longue, difficile et souvent source de frustration. Il n’a pas été facile de surmonter une défiance profondément ancrée”, a déclaré M. Mugabe. “Je tends la main de l’amitié et de la coopération, une coopération chaleureuse et solidaire au service de notre grand pays”, a-t-il affirmé. Tout au long de la cérémonie d’investiture, organisée sous une tente blanche dans les jardins de la présidence à Harare, les deux rivaux ont évité de se regarder dans les yeux, se contentant d’une rapide poignée de main. Cette froideur illustre la défiance existant entre les deux hommes qui doivent maintenant former leur gouvernement cinq mois après la signature d’un accord de partage du pouvoir. Le MDC hésitait à rejoindre cette coalition, par peur de passer sous la tutelle de l’Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (Zanu-PF), le parti du président. Devant ses partisans, M. Tsvangirai, 56 ans, a mis l’accent sur l’ampleur de la tâche à accomplir, compte tenu de l’état de délabrement de l’économie et de la profonde division de la population. “Cela va prendre du temps avant que nous partagions un objectif commun, cela va prendre du temps pour reconstruire notre pays”, a-t-il constaté, appelant la communauté internationale à “s’engager” au Zimbabwe. Plus de la moitié de la population est menacée de famine dans ce pays autrefois prospère. 94% des Zimbabwéens en âge de travailler sont au chômage. Un cinquième seulement des enfants est scolarisé, les enseignants ayant fui la misère et les violences. Les hôpitaux publics sont fermés, faute de médecins, d’infirmières, de matériel et de médicaments, exacerbant la crise sanitaire: une épidémie de choléra a fait 70.000 malades et 3.400 morts depuis août. Le nouveau Premier ministre entend pourtant redresser au plus vite les situations d’urgence, acheminer la nourriture, rouvrir les hôpitaux et les écoles. Pour y parvenir, il entend payer les salariés du service public en devises étrangères dès février: “chaque soignant, chaque enseignant, chaque soldat, chaque policier”. La monnaie nationale, le dollar zimbabwéen, est vidé de toute substance par une hyperinflation inouïe, qui se chiffre en milliards pour cent.
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Afrique anglophone et lusophone | Tagué: Harare, Morgan Tsvangirai, Robert Mugabe, Zimbabwe |
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2 février 2009
Le colonel Mouammar Kadhafi le 18 janvier 2000 à Tripoli
Le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, qui entend désormais se faire appeler “roi des rois traditionnels d’Afrique”, a été élu à la tête de l’Union africaine (UA) pour un an, lors d’un sommet de l’organisation à Addis Abeba. Bien que la volonté de M. Kadhafi d’instaurer un “gouvernement de l’Union” conduisant à des “Etats-Unis d’Afrique” effraie bon nombre de chefs d’Etat du continent, ceux-ci l’ont élu à la présidence en exercice de l’Union africaine , essentiellement pour des questions d’équilibre politique entre les différentes régions africaines. Selon la règle de l’Union africaine , la présidence revenait cette année à l’Afrique du Nord, après l’Afrique de l’Est. Et Mouammar Kadhafi était le seul dirigeant d’Afrique du Nord présent à Addis Abeba. Beaucoup d’Africains ne voyaient pas d’un bon oeil son accession à la tête de l’Union africaine, selon des entretiens avec des participants au sommet. Aussi, certains pays ont tenté une promouvoir une présidence d’Afrique australe, d’autant que le prochain sommet se tiendra en juillet à Madagascar. En vain. Selon des sources concordantes, le Guide de la Jamahiriya libyenne a déjà fait passer à ses pairs un message demandant à être désormais officiellement appelé “roi des rois traditionnels d’Afrique”, après avoir été “adoubé” par un groupe de chefs traditionnels il y a quelques semaines en Libye. Il était d’ailleurs accompagné au sommet par sept “rois” en costume traditionnel chamarré parfois couvert de métal brillant, qui ont toutefois eu du mal à rester dans son sillage en raison des mesures de la sécurité éthiopienne. Dans son discours d’adieu, son prédécesseur à la présidence de l’Union africaine , le Tanzanien Jakaya Kikwete, a invité ses pairs à se consacrer davantage au développement du continent. Le thème officiel du sommet “développement des infrastructures” en Afrique – une “priorité” selon le président de la Commission de l’Union africaine, Jean Ping – ne devait être abordé que cet après midi. “Nous consacrons beaucoup trop de temps à régler les conflits ou les partages de pouvoir entre nos politiciens. Il faut que nous redéfinissions nos priorités pour nous consacrer au développement de nos économies (…) pour nous libérer de la honte qui est la nôtre d’être le continent le plus pauvre du monde”, a déclaré le président tanzanie. Les chefs d’Etat et leurs représentants ont débattu à huis clos pendant une dizaine d’heures uniquement sur le “gouvernement de l’Union” cher à M. Kadhafi. Les débats se sont achevés sans grande avancée: les dirigeants ont simplement convenu de changer la dénomination de la Commission, organe exécutif de l’Union africaine, en l’appelant “autorité africaine”, a rappelé M. Kikwete dans son discours avant de souligner que cela ouvre la voie à “une institution avec un mandat plus fort, de plus fortes capacités, qui nous dirige vers l’objectif du gouvernement de l’Union”. Prenant la parole après son élection, M. Kadhafi a “espéré que son mandat (serait) un temps de travail sérieux et pas seulement de mots”, insistant sur la nécessité “de pousser l’Afrique en avant vers les Etats-Unis d’Afrique. Je continuerai et insisterai pour que les Etats souverains (que nous sommes) parviennent aux Etats-Unis d’Afrique”, a-t-il martelé. Cette deuxième journée de sommet, à laquelle assiste le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, doit également être l’occasion d’évoquer les crises du continent, comme la Somalie, le Darfour, la République démocratique du Congo, le Zimbabwe, et les récents coups d’Etat en Mauritanie et en Guinée.
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Organisations internationales - Institutions | Tagué: Addis Abeba, Ban KI-moon, Colonel Mouammar Khadafi, Darfour, Jean Ping, Madagascar, ONU, Président Jakaya Kilwete, République Démocratique du Congo RDC, Somalie, Tanzanie, Union africaine UA, Zimbabwe |
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2 février 2009
Un paquet de dollars zimbabwéens pour un pain le 21 septembre 2008 à Harare
La Banque centrale du Zimbabwe a retiré 12 zéros de la monnaie locale et introduit sept nouveaux billets pour tenter d’injecter de l’argent liquide dans une économie souffrant d’une hyperinflation record et déjà largement “dollarisée”. “La Banque centrale dévoile un autre programme: elle enlève 12 zéros et introduit de nouveaux billets avec effet immédiat”, a déclaré à Harare le gouverneur de cette institution, Gideon Gono, en précisant que ces nouvelles coupures vont de un à 500 dollars. Il ne s’agit pas de la première dévaluation de la monnaie locale. En août 2008 , la Banque centrale avait déjà retiré dix zéros d’un coup au dollar zimbabwéen qui a perdu toute valeur. HIer un dollar américain représentait 3 à 4.000 milliards de dollars zimbabwéens. Pour tenter de remédier au manque de liquidités, la Banque centrale avait également introduit une trentaine de nouvelles coupures en 2008 et prévoyait encore récemment la mise en circulation de billets de 100.000 milliards de dollars zimbabwéens. Officiellement, le taux annuel d’inflation s’élevait en juillet à 231 millions pour cent, mais les économistes estiment qu’il se chiffre désormais en milliards pour cent. Face à cette situation, le gouvernement a présenté un budget 2009 en dollars américains d’un montant d’1,9 milliard USD (66,5 milliards de milliards de dollars zimbabwéens, 1,5 milliard d’euros). S’il est adopté, il officialisera de facto le recours à une monnaie déjà utilisée dans tout le pays. Gideon Gono a toutefois nié toute dollarisation de l’économie. “Le dollar zimbabwéen reste la devise légale et tous les commerçants devraient avoir un double étiquetage” des prix, a-t-il dit. Il a également assuré que l’année 2009 serait “un tournant” et a prévu une “désinflation rapide”. “Les prix des biens suivent une tendance à la baisse rapide”, a-t-il lancé, en promettant aussi que “la situation alimentaire allait s’améliorer en raison des bonnes pluies.” Sept millions de Zimbabwéens, soit plus de la moitié de la population, dépendent pourtant d’une aide alimentaire, et la situation est loin de s’améliorer selon le Programme alimentaire mondial (PAM). L’économie du Zimbabwe est en chute libre depuis le début des années 2000: sa production s’est effondrée, ses infrastructures sont en ruine, 94% de la population est au chômage… Enfin, une épidémie de choléra, qui continue de se propager, a fait plus de 3.200 morts et 60.000 malades depuis le mois d’août.
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Afrique anglophone et lusophone | Tagué: Choléra, Dévaluation, Gideon Gono, Programme alimentaire mondial, Zimbabwe |
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