RWANDA : Poursuivie par la justice française, Rose Kabuye rentre à Paris

10 janvier 2009
rose-kabuye  Rose Kabuye, une proche du président rwandais Paul Kagame, le 21 novembre 2008
Rose Kabuye, une proche du président rwandais Paul Kagame inculpée à Paris, a quitté  Kigali pour rentrer en France, après avoir été autorisée par la justice française à passer les fêtes de fin d’année dans son pays. Mme Kabuye a pris un vol de la compagnie Ethiopian Airlines vers Addis Abeba où elle est censée s’envoler à destination de Paris. “Je suis confiante que la vérité finira par triompher”, a déclaré Mme Kabuye, visiblement émue, à l’aéroport international de Kigali. Mme Kabuye a également indiqué qu’elle devait être entendue à Paris par le juge d’instruction antiterroriste Marc Trévidic. Inculpée en France et placée sous contrôle judiciaire, Mme Kabuye avait obtenu de la justice française la permission de se rendre au Rwanda pour les fêtes de fin d’année avec obligation de rentrer en France le 10 janvier 2009. La directrice du protocole de M. Kagame avait été accueillie le 24 décembre 2008  par des centaines de sympathisants à l’aéorport de Kigali. Sous le coup d’un mandat d’arrêt international délivré en 2006 par la France, Rose Kabuye, 47 ans, avait été interpellée le 9 novembre 2008 en Allemagne et transférée à Paris où elle avait été mise en examen pour complicité d’assassinats et association de malfaiteurs, le tout en relation avec une entreprise terroriste. Le juge la soupçonne d’avoir pris part à l’attentat le 6 avril 1994 contre l’avion du président rwandais de l’époque Juvénal Habyarimana, un Hutu, signal déclencheur d’un génocide qui a fait selon l’ONU environ 800.000 morts, essentiellement parmi la minorité tutsi. Rose Kabuye nie les faits qui lui sont reprochés.

SOMALIE : le superpétrolier saoudien relaché pour trois millions de dollars

10 janvier 2009
petrolier-sadoudien-le-18-novembre-2008  Le pétrolier saoudien Sirius Star le 19 novembre 2008
Les pirates somaliens qui détenaient le superpétrolier saoudien Sirius Star et ses 25 marins depuis le 15 novembre 2008  ont annoncé  avoir “libéré” le navire dont la capture avait précipité le déploiement d’imposantes forces navales étrangères au large de la Somalie. “Tous nos hommes ont à présent quitté le Sirius Star. Le navire est libre, l’équipage est libre”, a déclaré le chef des pirates Mohamed Said  depuis le port de Harardhere, à environ 300 km au nord de la capitale Mogadiscio.  Les pirates avaient réclamé le 19 novembre 2008  le paiement d’une rançon de 25 millions de dollars pour relâcher le bateau mais avaient depuis réduit leurs exigences financières. On ignorait  si une rançon avait été ou non versée. Toutefois, des sources proches des négociations faisaient état  du versement de trois millions de dollars à un groupe de pirates à terre. Une dispute a brièvement éclaté entre ces pirates sur la répartition de cette somme, selon ces mêmes sources. “Il y a eu des problèmes de dernière minute mais à présent, tout est finalisé”, a indiqué Mohamed Said, sans autre précision. “Nous nous refusons à tout commentaire pour le moment”, a réagi un porte-parole de la société saoudienne propriétaire du bateau, Vela International Marine Ltd, filiale de transport maritime de la compagnie nationale saoudienne d’hydrocarbures Aramco. “Je suis à Harardhere à l’heure actuelle et la question du Sirius Star a été résolue pacifiquement. Je ne peux pas entrer dans les détails de l’accord mais je peux vous dire que le bateau est libre”, a confirmé  un autre pirate du même groupe Sahafi Abdi Aden. “Aucun membre d’équipage ou pirate n’a été blessé pendant cette prise d’otages”, a-t-il ajouté. L’équipage du Sirius Star est composé de 25 marins, deux Britanniques, deux Polonais, un Croate, un Saoudien, et 19 Philippins. Le superpétrolier, lancé en 2008 et d’une valeur de 150 millions de dollars, est chargé de deux millions de barils de brut, une cargaison estimée à l’époque de sa capture à 100 millions de dollars. Le bateau était ancré devant Harardhere, petit port devenu l’un des principaux repaires des bandits des mers. La capture du Sirius Star, long de 330 mètres, est l’opération de piraterie la plus spectaculaire menée à ce jour au large de la Somalie. Le pétrolier croisait dans l’Océan Indien à 480 milles nautiques (890 km) au sud-est de Mogadiscio et plein est par rapport au port kényan de Mombasa, lorsqu’il avait été pris en chasse par deux embarcations de pirates. Seize minutes plus tard, les pirates étaient à bord et contrôlaient le navire. Cette attaque avait une nouvelle fois démontré la détermination et la témérité de ces hommes lourdement armés, n’hésitant pas à opérer en très haute mer, à bord d’embarcations rapides lancées depuis des “bateaux-mères”. Plus de cent navires ont été attaqués en 2008 par les pirates somaliens, qui auraient perçu des rançons d’un montant total de quelque 120 millions de dollars, faisant de la piraterie un des business les plus florissants de Somalie, livrée au chaos depuis le début d’une guerre civile en 1991. Environ 12% du commerce maritime et 30% du pétrole brut mondial transitent par le détroit de Bab el Mandeb, goulot d’étranglement entre la mer Rouge et le golfe d’Aden, au large des côtes somaliennes. Face à cette menace pour le commerce maritime mondial, l’Union européenne a lancé le 8 décembre  2008 la première opération navale de son histoire, “Atalante”, pour traquer les bandits des mers, avec six bâtiments et trois avions de patrouille sous commandement britannique. Les Etats-Unis ont annoncé à leur tour la création d’une nouvelle force “multinationale” sous commandement américain, “pleinement opérationnelle vers la mi-janvier”, pour lutter contre la piraterie dans la région. De son côté, la coalition navale internationale menée par les Etats-Unis a insisté sur la nécessité de faire preuve de “ténacité pour régler le problème de la piraterie internationale”.

CENTRAFRIQUE : campagne de l’UNICEF afin de réduire la mortalité infantile

9 janvier 2009
Le Fonds  des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) vient de lancer l’une  des plus importantes campagnes de vaccination et de prévention en  République centrafricaine afin de protéger 800.000 enfants contre  les trois principales causes de décès évitables : le paludisme, la rougeole et la diarrhée. Les agences des Nations Unies et les  organisations non-gouvernementales organisent des campagnes tout  le temps mais il s’agit d’une très grosse campagne, a déclaré le  représentant de l’UNICEF en République centrafricaine, Mahimbo  Mdoe, au sujet de cette opération qui dure dix jours.  Nous allons nous rendre dans chaque recoin du pays pour  donner aux enfants et à leurs familles les moyens d’éviter ces  décès, a-t-il ajouté.  Il a fallu près d’une année pour préparer cette campagne de  vaccination, avec notamment le pré-positionnement d’équipements à  travers le pays, la formation de 1750 volontaires de santé et  l’identification de 885 sites où les vaccinations auront lieu.  Faire en sorte que tout le matériel soit en place a demandé  un gros travail. Il a fallu aussi convaincre les familles  d’utiliser du savon régulièrement, de faire vacciner leurs enfants et de les faire dormir sous des moustiquaires, a souligné Eli  Josoa Ramamonjisoa, qui dirige la section santé de l’UNICEF en  République centrafricaine.  Quelques 800.000 enfants âgés de moins de cinq ans vont être  vaccinés contre la rougeole et les familles vont recevoir trois  barres de savon pour éviter les diarrhées et une moustiquaire  traitée pour lutter contre le paludisme.  L’UNICEF a mené une opération de communication pour faire  connaître sa campagne de vaccination et de prévention. Des  affiches ont été placardées, des spots radio ont été diffusés, des articles de presse publiés, des SMS envoyés. Et cette opération  semble être un succès alors que de longues files d’attente se sont formées à travers le pays devant les hôpitaux et les centres de  santé.

TANZANIE/ZAMBIE : Plus de 60 millons de dollars de dette pour la Tazara

8 janvier 2009
 L’administration des  chemins de fer Tanzanie-Zambie (TAZARA) accuse une dette de 60  millions de dollars envers plusieurs établissements correspondant  à des arriérés de paiement de fournitures et de services, a  reconnu le directeur de la TAZARA.  Lors d’un entretien le directeur de l’entreprise a indiqué que la dette  correspond à des arriérés de salaires dus aux employés, des  abattements dus au Trésor public et à des arriérés de paiements  envers divers prestataires de services.  Le directeur de l’établissement, Henry Chipewo, a confié  que son entreprise était victime de péjudices tels que des vols, des dessous-de-table, l’utilisation inapproppriée des  ressources de l’entreprise et la mauvaise gestion.  La TAZARA compte actuellement 3 000 employés, dont les  salaires mensuels coûtent 1,7 million de dollars.  La direction et les auditeurs de la TAZARA examinent  actuellement les livres de comptes de l’entreprise et le directeur s’est engagé à envoyer devant la justice les responsables des  préjudices.  La TARAZA est une ligne de chemin de fer qui relie Dar  es-salaam (Tanzanie) à New Kapiri Mposhi (Zambie). Elle couvre un  itinéraire long de 1 860 kilomètres.

GHANA : John Atta Mills prête serment

7 janvier 2009
john-atta-mills-7-janvier-2009-accra-investiture    John Atta-Mills le 7 janvier 2009 à Accra
Le nouveau président du Ghana, a prêté serment  lors d’une cérémonie de passation de pouvoir avec son successeur John Kufuor qui se retire après huit ans à la tête du pays. “Nous sommes à l’aube d’une nouvelle ère (…) j’espère tirer profit des expériences des deux précédents présidents du Ghana pour construire un Ghana meilleur”, a déclaré le nouveau dirigeant, 64 ans, issu des rangs de l’opposition. Vêtu d’un boubou blanc et d’un kente, tissu traditionnel ghanéen, John Atta-Mills a prêté serment sur la bible lors d’une cérémonie organisée sur la plus grande place d’Accra, décorée aux couleurs du drapeau ghanéen – rouge, jaune, vert et noir -, en présence de plusieurs chefs d’Etat africains et de milliers de Ghanéens en liesse. C’est la deuxième fois en dix ans qu’un président élu transmet le pouvoir à l’opposition à l’issue d’un scrutin régulier dans cette nation ouest-africaine de 23,5 millions d’habitants, érigée en modèle de démocratie pour l’Afrique. M. Atta-Mills, qui représentait l’opposition sous la bannière du Congrès national démocratique (NDC), a remporté de justesse la présidentielle, dont les résultats ont été annoncés, face au candidat du pouvoir Nana Akufo-Addo (Nouveau parti patriotique, NPP). Juriste et ancien vice-président de Jerry Rawlings, il se présentait au poste suprême pour la troisième fois, après avoir été défait en 2000 et 2004 par John Kufuor. John Kufuor, 70 ans, un démocrate tenace dont les efforts en matière de démocratie et d’économie ont été régulièrement salués par la communauté internationale, a tiré sa révérence après deux mandats de quatre ans, la limite constitutionnelle qu’il n’a pas cherché à repousser. Il n’a pas pris la parole lors de la passation de pouvoir. Les présidents ivoirien Laurent Gbagbo, burkinabé Blaise Compaoré, sierra-léonais Ernest Koroma, sénégalais Abdoulaye Wade, nigérian Umaru Yar’Adua et béninois Thomas Boni Yayi étaient présents à la cérémonie. Le secrétaire d’Etat britannique à l’Afrique, Mark Malloch-Brown, y a aussi pris part, représentant l’ancienne puissance coloniale, dont le Ghana est devenu indépendant en 1957 avec Kwame Nkrumah comme premier président. La présidentielle, déroulée sans heurts malgré des tensions croissantes sur la fin qui avaient fait craindre des affrontements, a été unanimement saluée par les dirigeants étrangers alors que l’année 2008, en Afrique, a été marquée par des violences post-électorales au Kenya et au Zimbabwe. “Lors des élections, la démocratie au Ghana a été mise à l’épreuve mais au final, la volonté souveraine du peuple a prévalu”, a déclaré John Atta-Mills après sa prestation de serment. “Il sera de mon devoir de président de panser les plaies et d’unifier notre chère nation”. Bien que l’alternance du pouvoir au Ghana soit générale, le Parlement ayant aussi basculé à la faveur du NDC à l’issue des législatives du 7 décembre, les observateurs s’attendent à une transition en douceur. John Atta-Mills, qui a prôné le changement tout au long de sa campagne, s’était engagé  à “continuer les projets initiés par le président Kufuor, à maintenir la paix et la stabilité et à promouvoir l’unité”. Aucun changement de cap majeur n’est attendu dans le domaine de l’économie, mais la nouvelle équipe devra composer avec la crise financière internationale et apporter des réponses satisfaisantes à l’électorat populaire qui l’a portée au pouvoir, estimait Yaw Kwakwa, analyste du cabinent Generation Investment. John Atta-Mills devra aussi gérer, à partir de 2010, le début de la production commerciale de pétrole découvert au large des côtes du pays en 2007. Le Ghana est déjà un important producteur d’or et de cacao.

ANGOLA : Attali nie etre mélé au plus gros redressement fiscal français

7 janvier 2009
jacques-attali   Jacques Attali au palais de justice de Paris le 5 janvier 2009
Jacques Attali s’est défendu  au procès de l’Angolagate, d’avoir usé de son influence pour permettre à la société de Pierre Falcone et Arcadi Gaydamak d’échapper en 1999 à un redressement d’impôts de plus de deux milliards de FF, “le plus gros de l’histoire fiscale française”. Cette année-là, l’administration fiscale réclame 2,224 mds de FF (340 millions d’euros) au titre des impôts non payés pour les années 95 et 96 à ZTS Osos, la société slovaque que les deux associés utilisent pour exporter vers l’Angola des armes de guerre venant des anciens pays du bloc soviétique. “C’est le plus gros redressement de l’histoire de la fiscalité française”, reconnaît l’avocat Allain Guilloux, qui siège sur le banc des prévenus parce qu’il est soupçonné, alors qu’il défendait les intérêts de Pierre Falcone, d’avoir utilisé l’influence de Jacques Attali pour tenter d’échapper à ce redressement. Quand la trésorerie parisienne envoie ses commandements de payer à l’ambassade de France à Bratislava, Allain Guilloux contacte son “ami” Jacques Attali et lui demande de faire parvenir un message à Hubert Védrine, ministre des Affaires étrangères. Il veut le convaincre que les deux associés agissent pour le compte de l’Angola et n’ont donc pas à payer d’impôts en France. En février 1999, Jacques Attali, qui ne veut pas se “fâcher avec un ami”, s’exécute, mais a minima. “Jacques Attali m’a appelé pour me dire qu’il faisait porter le pli mais qu’il refusait d’écrire une lettre d’accompagnement”, explique Allain Guilloux. L’ancien sherpa du président François Mitterrand dit avoir ouvert le pli: “je l’ai rapidement feuilleté, j’ai vu qu’il s’agissait d’une affaire fiscale et je n’ai pas voulu y associer mon nom”. En fait, dit-il, “j’avais demandé à mon chauffeur de le mettre dans la boîte aux lettres pour qu’il n’y ait pas de trace… J’avais la certitude que mon nom n’apparaîtrait pas”. Mais le chauffeur ne trouve pas la boîte, remet le pli au concierge du Quai d’Orsay qui y appose le nom de l’expéditeur: Jacques Attali. L’économiste de 65 ans est pourtant formel: “je ne connaissais rien à ce dossier. Je ne suis pas intervenu. Je n’en ai parlé à personne et surtout pas à Hubert Védrine”. L’ancien ministre confirmera et assurera aux enquêteurs être resté de glace face aux relances téléphoniques de Me Guilloux. Pendant ce temps, à Bratislava, l’ambassadeur français est interloqué par l’ampleur de la somme qu’on lui demande de recouvrir: 2% du PIB slovaque. Il prévient le quai d’Orsay qu’après une telle ponction, “les relations franco-slovaques mettront sûrement un certain temps à se relever”. Finalement, le ministère donne l’ordre à l’ambassadeur de renoncer à ces créances, mais Hubert Védrine assurera qu’il n’y a eu “aucune instruction de son cabinet” dans ce que le juge d’instruction appellera “un curieux et discrétionnaire changement de position” de son ministère. Contre son intervention, Jacques Attali est soupçonné d’avoir touché 160.000 dollars, travestis selon l’accusation en honoraires pour sa société de conseil contre l’instauration, jamais réalisée, de micro-crédit en Angola. Le contrat a été signé avec la Banque africaine d’investissement, mais c’est une société de Pierre Falcone qui règlera les honoraires. “Pas une seconde, je n’ai pensé que M. Falcone allait payer”, assure Jacques Attali. Curieusement, en 2001, lorsque l’enquête sur ce qui est devenu l’Angolagate fait la une des journaux, l’administration fiscale entreprendra de relancer la procédure de recouvrement fiscal, relève le président Jean-Baptiste Parlos.

NIGERIA : un bateau avec 9 membres de l’équipage libérés

7 janvier 2009
site-pertolier-de-bonny-nigeria       Un site pétrolier à Bonny, dans le sud du Nigéria, en mai 2005
Un bateau du groupe français de services maritimes Bourbon et ses neuf membres d’équipage, capturés au large des côtes du Nigeria ce week-end, ont été libérés, a annoncé la société.

GHANA : Démocratie renforcée

4 janvier 2009
john-atta-mills-president-du-ghana-le-4-janvier-2009-accra  Le président élu du Ghana, John Atta-Mills, le 4 janvier 2009 à Accra
Au lendemain de la proclamation du résultat d’une élection présidentielle qui s’est déroulée quasiment sans heurts, le Ghana, où un président élu transmettra le pouvoir à l’opposition pour la deuxième fois en une décennie, semblait avoir ancré sa démocratie. Peu après l’annonce de sa victoire, l’opposant John Atta-Mills, du Congrès national démocratique (NDC), a tendu la main à son adversaire qui, en dépit de protestations, a reconnu sa défaite et l’a félicité. La course, très serrée, a été remportée avec à peine un demi point de pourcentage. “Le Ghana va connaître sa seconde alternance pacifique du pouvoir en une décennie, un évènement qui renforcera certainement la transition démocratique du pays et ses jeunes institutions”, a estimé Chris Fomunyoh, expert Afrique au National Democratic Institute (NDI), un organisme basé à Washington. La première passation de pouvoir entre deux présidents démocratiquement élus s’était déroulée dans le calme en janvier 2001, lorsque Jerry Rawlings, un ancien dirigeant militaire converti à la démocratie, avait transmis les rênes à l’opposant John Kufuor après deux mandats de quatre ans. La récente élection était la cinquième au Ghana depuis le retour du multipartisme en 1992, et John Atta-Mills, un juriste de 64 ans, se présentait pour la troisième fois consécutive. “On peut espérer que le Ghana continuera d’être un modèle de démocratie pour d’autres pays africains, comme le sont le Bénin, le Botswana, le Mali, l’île Maurice et l’Afrique du Sud”, a-t-il poursuivi. La nation ouest-africaine de 23,5 millions d’habitants est régulièrement citée en exemple et louée pour ses avancées en matière de démocratie, dans un continent où violences et fraudes électorales sont fréquentes. Au Kenya, des violences post-électorales ont fait plus de 1.500 morts début 2008, tandis qu’au Zimbabwe, plongé dans un crise politique et humanitaire, Robert Mugabe refuse de céder le pouvoir malgré la défaite de son parti aux législatives de mars. Malgré quelques incidents, les observateurs de la présidentielle au Ghana ont relevé surtout l’ordre et le calme qui ont prévalu. Bien qu’il ait reconnu sa défaite, Nana Akufo-Addo, du Nouveau parti patriotique (NPP), a insisté sur des irrégularités qui se seraient produites dans une région traditionnellement aux mains du parti adverse et déclaré que la justice devra examiner l’affaire, sans plus de précisions.
elections-ghana-2-janvier-2009  Election présidentielle au Ghana le 2 janvier 2009
“Dans d’autres pays, on ne serait pas en train de rassembler des bulletins de vote  omme preuves de fraudes, mais des armes”, a estimé Emmanuel Gyimah-Boadi, du Centre pour le développement démocratique (CDD), une institution ghanéenne. “C’est tout à l’honneur du NPP qu’il présente ses griefs devant un tribunal. C’est à cela que servent les tribunaux électoraux”, a de son côté noté Chris Fomunyoh du NDI. Selon des observateurs, le recours en justice évoqué par le candidat défait ne devrait toutefois pas avoir d’impact réel sur la passation de pouvoir le 7 janvier  2009 entre le président sortant John Kufuor et John Atta-Mills. Theodore Dzeble, porte-parole de la Coalition d’observateurs des élections (CODEO, 34 organisations) a estimé que Nana Akufo-Addo, également un juriste de 64 ans, était lui-même capable de se rendre compte que s’il souhaite se présenter lors des prochaines élections dans quatre ans, il doit se résoudre à la défaite. “Sinon, personne ne votera pour lui la prochaine fois”.

OUGANDA/BURUNDI : conditions préalables à leur présence en Somalie

4 janvier 2009
Le Burundi et l’Ouganda ont posé des conditions au maintien de leurs troupes au sein de la force de paix de l’Union africaine en Somalie (Amisom), notamment un mandat renforcé et des renforts, ont annoncé les ministres burundais et ougandais de la Défense. “Nous sommes convenus de proposer à nos chefs d’Etat de maintenir nos troupes en Somalie tout en posant un certain nombre de conditions”, a déclaré le ministre burundais, le général Germain Niyoyankana, avec son homologue ougandais Crispus Kiyonga, à l’aéroport de Bujumbura. Le ministre ougandais est arrivé au Burundi en compagnie du chef d’Etat-major général de l’armée ougandaise, le général Aronda, pour des consultations avec le Burundi sur l’avenir de leur participation dans l’Amisom.
carte-somalie1Carte et chronologie de la Somalie depuis 1991
Les contingents burundais et ougandais constituent l’intégralité des 3.400 soldats de l’Amisom, bien loin des 8.000 initialement prévus lors de sa mise en place en mars 2007. Le ministre burundais a ainsi plaidé pour un renforcement du mandat de l’Amisom “pour lui permettre de ne pas rester uniquement sur la défensive”. M. Niyoyankana a également demandé à l’Union africaine (UA) “de faire tout son possible pour que nous ayons des troupes additionnelles très rapidement, dont des unités spécialisées telles qu’un élément léger d’aviation pour les reconnaissances ou les frappes ciblées, et une marine pour couvrir la côte somalienne”. “Si nos conditions ne sont pas satisfaites, il est normal que nos troupes soient retirées. Cependant, nous n’osons pas l’envisager car ce serait créer un désastre sans précédent pour la Somalie, les pays voisins, l’Afrique et par extrapolation, le monde entier”, a insisté le ministre burundais.
troupes-ethiopiennes-en-somalie-juin-2008   Troupes éthiopiennes le 18 juin 2008 à Mogadiscio.
La Somalie est en guerre civile depuis 1991. L’armée éthiopienne, qui intervient officiellement depuis fin 2006 pour soutenir le gouvernement de transition somalien, a entamé la phase finale de son retrait de Somalie ces derniers jours. Ce retrait place l’Amisom en première ligne face à une insurrection islamiste qui gagne du terrain.

SENEGAL : 28,5 milliards de FCFA pour débloquer la campagne de commercialisation de l’arachide

4 janvier 2009
Le Cadre de concertation des  producteurs d’arachide (CCPA) demande à l’Etat de verser les 28,5  milliards de FCFA de subvention, afin de pouvoir continuer la  campagne de commercialisation d’arachide paralysée par un manque  de financement, a-t-on appris selon un de nos contats actuellement à Dakar.  Les membres du CCPA n’ont plus de financement pour   l’achat des récoltes estimées à 700.000 tonnes, a regretté  le président du CCPA, Ibrahim Niass, qui a adressé un mémorandum  au président Abdoulaye Wade  afin d’ exiger le versement de ces 28,5  milliards de FCFA de subvention.  M. Niass a précisé  que son organisation ne  demande pas de nouvelles sommes d’argent à l’Etat, mais simplement le versement de la subvention qui, selon lui, “permettra de  débloquer la présente campagne de commercialisation paralysée par  le manque de financement”. Cette année, l’Etat a fixé le prix d’achat de l’arachide à 165  FCFA le kilo.

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