30 janvier 2009
Le Président du Zimbabwe Robert Mugabe et le leader de l’opposition Morgan Tsvangirai à Harare le 15 septembre 2008
Le principal parti d’opposition zimbabwéen a accepté d’entrer à la mi-février dans un gouvernement d’union avec le président Robert Mugabe, un pas important vers une éventuelle sortie de crise après près d’un an de blocage politique. Le Mouvement pour le changement démocratique (MDC) s’est plié aux recommandations des leaders d’Afrique australe qui avaient fixé la date du 13 février 2009 pour l’entrée en fonction du gouvernement de coalition. “Nous avons pris une décision sans équivoque. Nous irons dans ce gouvernement”, a lancé son leader Morgan Tsvangirai à l’issue d’une réunion du Conseil national du MDC à Harare. La Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) “a décidé et nous sommes liés par cette décision (…). Le 11 février aura lieu la prestation de serment du Premier ministre et de ses adjoints”, comme recommandé par le bloc régional, a-t-il ajouté. Le régime a immédiatement salué cette décision. “Pour la première fois, ils (le MDC) se reconnaissent comme Zimbabwéens”, a déclaré le ministre de l’Information, Paul Mangwana, reprenant l’antienne selon laquelle le MDC est à la solde de l’ancienne puissance coloniale britannique. MM. Mugabe et Tsvangirai avaient signé en septembre un accord de partage du pouvoir pour sortir de la crise née de la défaite du régime aux élections générales de mars 2008. Selon les termes de cet accord, M. Mugabe, 85 ans en février 2009 et au pouvoir depuis l’indépendance en 1980, doit rester président, et M. Tsvangirai, 56 ans, devenir Premier ministre d’un gouvernement incluant des ministres de leurs partis, ainsi que des représentants d’une petite faction dissidente du MDC. L’opposition, qui dispose depuis mars 2008 d’une majorité au Parlement, avait jusqu’à présent refusé d’appliquer cet accord, par crainte d’être cantonné dans un rôle subalterne. Le parti souhaitait une répartition équitable des portefeuilles ministériels, la libération de ses militants détenus et un droit de regard sur la nomination des gouverneurs provinciaux. “Il faut que les points en suspens soient résolus”, a répété M. Tsvangirai. Les dirigeants de la SADC, réunis pour un sommet marathon lundi et mardi à Pretoria, ont reporté l’examen de ces questions à plus tard, estimant qu’il fallait d’abord mettre en place le gouvernement de coalition. Cette position avait suscité des remous au sein du MDC. Les partisans de la ligne dure ont finalement cédé devant la gravité de la situation humanitaire dans le pays, où une épidémie de choléra a fait plus de 60.000 malades et près de 3.100 morts depuis août 2008. “Les gens souffrent, (…) et nous voulons jouer un rôle dans la résolution de ces problèmes”, a expliqué M. Tsvangirai. Outre l’épidémie de choléra, le Zimbabwe connaît également de graves pénuries alimentaires. Sept millions de ses habitants, soit plus de la moitié de la population, dépendent actuellement des rations des organisations caritatives. La crise humanitaire s’est aggravée avec l’effondrement de l’économie. L’hyperinflation se chiffre désormais en milliards pour cent, et le taux de chômage atteint 94%. L’entrée au gouvernement du MDC ne pourra pas tout résoudre, a mis en garde l’analyste politique Chris Maroleng. “Ce sera très difficile pour les parties de travailler ensemble”, a-t-il souligné. Entre les élections de mars et le deuxième tour de la présidentielle en juin, une centaine de partisans du MDC avaient été tués par des proches du régime, selon le MDC. M. Tsvangirai, arrivé en tête au premier tour de la présidentielle, s’était retiré de la course en raison de ce déferlement de violences.
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Publié par oubangui
30 janvier 2009
Jean Ping
Le président de la Commission de l’Union africaine (UA), Jean Ping, a fait un bilan exhaustif sur les enjeux du continent africain dans son discours adressé à l’ouverture de la 14e session ordinaire du Conseil exécutif (CE) tenue à Addis Abeba en prélude de la 12e Assemblée de chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine, prévue entre les 1er et 3 février 2009. Dans son discours, M. Ping a fait ressortir les grandes priorités de la commission, dont l’élaboration du Nouveau plan stratégique de l’Union africainepour les quatre ans à venir, évoqué les principales activités conduites par la Commission au cours des six derniers mois, tout en faisant des points sur les évolutions politique, économique et sociale en Afrique.
NOUVEAU PLAN STRATEGIQUE DE L’UNION AFRICAINE
M. Jean Ping a mis l’accent sur l’élaboration du Nouveau plan stratégique, qui “non seulement constitue le cadre des activités de la commission pour les quatre années à venir, à savoir de maintenant à 2012, mais aussi contribue à accélérer le processus de l’intégration continentale”. Ce nouveau plan, soumis à l’approbation du conseil, est articulé autour de quatre pilliers principaux, dont la paix et sécurité, le développement et intégration, les valeurs partagées, ainsi que le renforcement des capacités institutionnelles, a indiqué M. Ping. Pour garantir le succès des activités, il faut se doter des institutions fortes au sein d’une architecture institutionnelle bien structurée, avec des resssources humaines qualifiées et des ressources financières suffisantes, le tout bien géré de manière transparente avec obligation redditionnelle, a-t-il souligné.
DEVELOPPEMENT DES INFRASTRUCTURES SUR FOND DE CRISE FINANCIERE
Ces six derniers mois ont été marqués par une série de graves crises internationales, avec comme point culminant la récession de l’économie mondiale, qui a orienté davantage l’agenda de la communauté internationale vers le sauvetage et le renflouement des institutions bancaires et financières, que sur le financement du développement, a déploré le président de la Commission. Selon M. Ping, les économies et les populations africaines s’apprêtent à subir les conséquences de ces crises, dont elles ne sont nullement responsables, dans un contexte mondial de mutations profondes qui s’ajoute à la vulnérabilité d’un continent toujours fragilisé par des crises latentes et des conflits ouverts. Face à la crise économique, la commission participera, au nom de l’Afrique, aux travaux du 2è sommet du G20 à Londres sur la crise, en avril prochain, et poursuivra ses efforts pour faire progresser le processus de création des trois institutions financières que sont la Banque africaine d’investissement, le Fond monétaire africain et la Banque centrale africaine, a affirmé M. Ping. Quant au développement des infrastructures, thème fixé pour le sommet, M. Ping a mis l’accent sur la nécessité de mettre sur les rails une stratégie pour la modernisation et le développement des infrastructures axée sur les trois orientations, à savoir les grands travaux d’infrastructures de transport, l’Afrique- Hydroélectricité 2020, et l’Architecture institutionnelle de développement des infrastructures.
LA PAIX ET LA SECURITE SUR LE CONTINENT
Sur le plan de l’état de la paix et de la sécurité sur le continent, la Commission a constaté des progrès notoires, dont le bon déroulement des élections en Guinée-Bissau, en Zambie et tout dernièrement au Ghana, ainsi que le rétablissement des relations diplomatiques entre le Soudan et le Tchad, mais continuera à accorder une vigilance renouvelée et une attention soutenue aux questions qui y sont rattachées, a indiqué le président de la commission. M. Ping a d’abord dénoncé les deux derniers coups d’Etat, intervenus le 6 août 2008 en Mauritanie et le 24 décembre 2008 en Guinée, auxquels s’ajoute aussi le coup de force déjoué contre le président de la Guinée-Bissau. En République démocratique du Congo (RDC), où les derniers développements semblent indiquer des perspectives très encourageantes quant à la fin des hostilités, la situation humanitaire demeure encore incertaine et inquiétante pour les populations. En Somalie, le récent attentat à la voiture piégée contre la Force africaine de paix en Somalie (Amisom), témoigne du climat de violence qui perdure depuis plus de deux décennies dans ce pays. Toutefois, la perspective de la mise en place probable d’une opération de maintien de la paix des Nations Unies pour prendre la relève de l’Amisom, ainsi que l’engagement concret d’Etats comme l’Ouganda, le Burundi, le Nigéria, l’Algérie et l’Egypte envers l’Amisom, à travers des contributions et des soutiens logistiques sous toutes les formes, représentent des lueurs d’espoir dans le pays, a estimé M. Ping. Au Darfour, la Commission s’est investie dans la recherche de solution à la crise, notamment via l’instauration du dialogue avec l’Initiative Qatar, la nomination en août dernier d’un Médiateur en chef conjoint UA-ONU pour le Darfour et la participation en octobre à une initiative nationale, le Forum du Peuple du Soudan, et le déploiement de la Force hybride UA-ONU (Minuad), devrait atteindre les 80% de ses effectifs en mars 2009 , a-t-il affirmé. En ce qui concerne Djibouti et l’Erythrée, les relations entre ces deux pays ne se sont pas améliorées malgré les tentatives déployées, tandis qu’en Afrique de l’ouest, le phénomène du trafic de drogues lié à la criminalité organisée transfrontières se développe de façon alarmante, a-t-il relevé.
EDUCATION
M. Ping a mis un accent particulier sur l’éducation, le socle fondamental sur lequel l’Union africaine fonde son espoir de bâtir collectivement une Afrique moderne qui vit à l’abri des peurs et à l’abri des besoins. Il a déploré le fait que des milliers de jeunes africains talentueux s’exilent massivement chaque année hors du continent pour leurs études, sans garantie d’y revenir, à la quête d’une formation de qualité et de bonnes conditions de recherche dans l’enseignement supérieur dans les universités étrangères. En vue d’une solution durable à ce problème réel et alarmant de fuite de cerveaux, la Commission envisage d’engager un processus de création d’un Fonds de renforcement de l’enseignement supérieur pour soutenir les Universités panafricaines thématiques dans chacune des régions géographiques, a fait savoir M. Ping, ajoutant que le directeur général de l’Unesco a bien voulu accepter que ce fonds soit logé dans son organisation. D’autre part l’Unesco a accepté que la Commission de l’Union africaine abrite à son siège en Ethiopie la réunion de haut niveau sur l’Education Pour Tous en février 2010. En ce qui concerne la jeunesse, trois centres pilotes d’enseignement technique et de formation professionnelle ont vu le jour dans des pays éprouvés par des conflits et ce programme s’étendra à toutes les régions dans un proche avenir, a affirmé M. Ping.
LA PERSPECTIVE EN 2009
“L’année 2009 sera, à l’évidence, une année de très grandes difficultés sur tous les plans pour tout le monde”, a fait remarquer M. Ping. Pourtant, il s’est déclaré déterminé “à faire de notre mieux pour transformer ces incertitudes et inquiétudes et faire au contraire de 2009, une année de construction et de réalisation dans notre processus d’intégration continentale en cours”. Confronté aux défis sérieux, le continent africain n’a d’autre alternative que d’unir ses forces, ses capacités et ses énergies, a-t-il conclu.
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Organisations internationales - Institutions | Tagué: Addis Abeba, Afrique, Algérie, Amisom, Banque africaine, Burundi, Darfour, Djibouti, Egypte, Erythrée, FMI - Fond Monétaire International, Ghana, Jean Ping, MINUAD - UA-ONU, Nigéria, Ouganda, Qatar, République Démocratique du Congo RDC, Robert Mugabe, Somalie, Soudan, Tchad, UNESCO, Union africaine UA, Zimbabwe |
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Publié par oubangui
30 janvier 2009
Le Premier ministre somalien Nur Hassan Hussein le 30 décembre 2008 à Mogadiscio
Le Parlement somalien de transition, réuni à Djibouti en raison des violences en Somalie, a commencé à voter pour élire un nouveau chef de l’Etat, après le départ du président Abdullahi Yusuf Ahmed, poussé à la démission fin décembre 2008. Deux candidats sont présentés comme les favoris de l’élection: le Premier ministre sortant, Nur Hassan Hussein, et le chef de l’Alliance pour une nouvelle libération de la Somalie (ARS, islamistes modérés), cheikh Sharif Cheikh Ahmed. L’élection du chef de l’Etat par le Parlement, élargi ces derniers jours aux islamistes modérés et à des représentants de la société civile, pourrait nécessiter plusieurs tours de scrutin selon des sources parlementaires. “Il n’y a que quelques candidats majeurs malgré une longue liste de prétendants (…) Certains sont de véritables candidats, d’autres veulent juste ajouter une ligne à leur CV”, a expliqué un parlementaire, Hussein Mohamed Jama, selon qui la caution de 2.000 USD exigée pour se présenter a également dissuadé nombre de parlementaires de faire acte de candidature. L’élection se déroule dans un climat de violences persistantes en Somalie, en guerre civile depuis 1991. Les parlementaires ont dû se réunir à l’étranger en raison de l’insécurité généralisée dans le pays. Les shebab, insurgés islamistes opposés aux institutions de transition, ont pris la ville de Baïdoa (250 km au nord-ouest de Mogadiscio), siège du Parlement de transition. Dans le cadre d’un processus de paix porté à bout de bras par la communauté internationale entre l’opposition islamiste modérée et le gouvernement de transition, la réunion du Parlement de Djibouti, débutée la semaine dernière, visait à la fois à la fois à élargir la représentation du Parlement aux islamistes modérés et à choisir un chef de l’Etat plus consensuel que M. Yusuf, hostile à toute négociation avec les islamistes. Du côté de l’ARS, il y a également une volonté de faire avancer le processus de paix et surtout de démontrer qu’elle peut faire plus sur le terrain que n’a fait jusqu’à présent le gouvernement de transition. “Nous avons besoin de consolider cette paix: rétablir la loi et l’ordre, pour les jeunes qui ont fait la guerre créer du travail, poursuivre la réconciliation entre les communautés, et surtout faire renaître l’espoir après 19 ans de guerre civile”, selon Mohamed Abdi Mohamed “Gandhi”, député de l’ARS et conseiller de cheikh Sharif. De son côté, le Premier ministre sortant voit dans l’élection d’un nouveau président un moyen de poursuivre le processus de paix. “L’élection fait partie de mes efforts pour mettre fin à la guerre civile de manière pacifique”, a-t-il déclaré. Avec le soutien de la communauté internationale, le Premier ministre a été l’un des principaux artisans de l’ouverture de négociations avec les islamistes modérés, emmenés par cheikh Sharif, son rival à la présidentielle. L’opposant islamiste avait posé pour condition à un processus de processus de paix avec le gouvernement de transition le retrait de l’armée éthiopienne du pays. Addis Abeba a affirmé le 25 janvier 2009 que toutes ses troupes avaient quitté le sol somalien, ouvrant à la voix à l’entrée des partisans de cheikh Sharif au Parlement et à la tenue de l’élection. Selon le programme du Parlement, le nouveau président doit prêter serment, puis se rendre au sommet de l’Union africaine qui débute à Addis Abeba.
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Afrique francophone | Tagué: Addis Abeba, ARS, Baidoa, Cheikh Sharif, Djibouti, Hussein Mohamed Jama, Islamistes, Somalie |
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Publié par oubangui