ZIMBABWE : Vers le 15 février l’opposition entrera au gouvernement d’union

30 janvier 2009
robert-mugabe-et-morgan-tsangirai  Le Président du Zimbabwe Robert Mugabe  et le leader de l’opposition Morgan Tsvangirai à Harare le 15 septembre 2008
Le principal parti d’opposition zimbabwéen a accepté d’entrer à la mi-février dans un gouvernement d’union avec le président Robert Mugabe, un pas important vers une éventuelle sortie de crise après près d’un an de blocage politique. Le Mouvement pour le changement démocratique (MDC) s’est plié aux recommandations des leaders d’Afrique australe qui avaient fixé  la date du 13 février  2009 pour l’entrée en fonction du gouvernement de coalition. “Nous avons pris une décision sans équivoque. Nous irons dans ce gouvernement”, a lancé son leader Morgan Tsvangirai à l’issue d’une réunion du Conseil national du MDC à Harare. La Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) “a décidé et nous sommes liés par cette décision (…). Le 11 février aura lieu la prestation de serment du Premier ministre et de ses adjoints”, comme recommandé par le bloc régional, a-t-il ajouté. Le régime a immédiatement salué cette décision. “Pour la première fois, ils (le MDC) se reconnaissent comme Zimbabwéens”, a déclaré le ministre de l’Information, Paul Mangwana, reprenant l’antienne selon laquelle le MDC est à la solde de l’ancienne puissance coloniale britannique. MM. Mugabe et Tsvangirai avaient signé en septembre un accord de partage du pouvoir pour sortir de la crise née de la défaite du régime aux élections générales de mars 2008. Selon les termes de cet accord, M. Mugabe, 85 ans en février 2009 et au pouvoir depuis l’indépendance en 1980, doit rester président, et M. Tsvangirai, 56 ans, devenir Premier ministre d’un gouvernement incluant des ministres de leurs partis, ainsi que des représentants d’une petite faction dissidente du MDC. L’opposition, qui dispose depuis mars 2008  d’une majorité au Parlement, avait jusqu’à présent refusé d’appliquer cet accord, par crainte d’être cantonné dans un rôle subalterne. Le parti souhaitait une répartition équitable des portefeuilles ministériels, la libération de ses militants détenus et un droit de regard sur la nomination des gouverneurs provinciaux. “Il faut que les points en suspens soient résolus”, a répété  M. Tsvangirai. Les dirigeants de la SADC, réunis pour un sommet marathon lundi et mardi à Pretoria, ont reporté l’examen de ces questions à plus tard, estimant qu’il fallait d’abord mettre en place le gouvernement de coalition. Cette position avait suscité des remous au sein du MDC. Les partisans de la ligne dure ont finalement cédé devant la gravité de la situation humanitaire dans le pays, où une épidémie de choléra a fait plus de 60.000 malades et près de 3.100 morts depuis août 2008. “Les gens souffrent, (…) et nous voulons jouer un rôle dans la résolution de ces problèmes”, a expliqué M. Tsvangirai. Outre l’épidémie de choléra, le Zimbabwe connaît également de graves pénuries alimentaires. Sept millions de ses habitants, soit plus de la moitié de la population, dépendent actuellement des rations des organisations caritatives. La crise humanitaire s’est aggravée avec l’effondrement de l’économie. L’hyperinflation se chiffre désormais en milliards pour cent, et le taux de chômage atteint 94%. L’entrée au gouvernement du MDC ne pourra pas tout résoudre, a mis en garde l’analyste politique Chris Maroleng. “Ce sera très difficile pour les parties de travailler ensemble”, a-t-il souligné. Entre les élections de mars et le deuxième tour de la présidentielle en juin, une centaine de partisans du MDC avaient été tués par des proches du régime, selon le MDC. M. Tsvangirai, arrivé en tête au premier tour de la présidentielle, s’était retiré de la course en raison de ce déferlement de violences.

UNION AFRICAINE :Jean Ping fait un bilan sur les enjeux africains

30 janvier 2009
jean_ping    Jean Ping
Le président de la  Commission de l’Union africaine (UA), Jean Ping, a fait un bilan  exhaustif sur les enjeux du continent africain dans son discours  adressé à l’ouverture de la 14e session ordinaire du Conseil  exécutif (CE) tenue  à Addis Abeba en prélude de la 12e  Assemblée de chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine, prévue entre les 1er et 3 février 2009.  Dans son discours, M. Ping a fait ressortir les grandes  priorités de la commission, dont l’élaboration du Nouveau plan  stratégique de l’Union africainepour les quatre ans à venir, évoqué les  principales activités conduites par la Commission au cours des six derniers mois, tout en faisant des points sur les évolutions  politique, économique et sociale en Afrique.  
 NOUVEAU PLAN STRATEGIQUE DE L’UNION AFRICAINE
 M. Jean Ping a mis l’accent sur l’élaboration du Nouveau plan  stratégique, qui “non seulement constitue le cadre des activités  de la commission pour les quatre années à venir, à savoir de  maintenant à 2012, mais aussi contribue à accélérer le processus  de l’intégration continentale”. Ce nouveau plan, soumis à l’approbation du conseil, est  articulé autour de quatre pilliers principaux, dont la paix et  sécurité, le développement et intégration, les valeurs partagées,  ainsi que le renforcement des capacités institutionnelles, a  indiqué M. Ping.  Pour garantir le succès des activités, il faut se doter des  institutions fortes au sein d’une architecture institutionnelle  bien structurée, avec des resssources humaines qualifiées et des  ressources financières suffisantes, le tout bien géré de manière  transparente avec obligation redditionnelle, a-t-il souligné.  
DEVELOPPEMENT DES INFRASTRUCTURES SUR FOND DE CRISE FINANCIERE  
Ces six derniers mois ont été marqués par une série de graves  crises internationales, avec comme point culminant la récession de l’économie mondiale, qui a orienté davantage l’agenda de la  communauté internationale vers le sauvetage et le renflouement des institutions bancaires et financières, que sur le financement du  développement, a déploré le président de la Commission.  Selon  M. Ping, les économies et les populations  africaines s’apprêtent à subir les conséquences de ces crises,  dont elles ne sont nullement responsables, dans un contexte  mondial de mutations profondes qui s’ajoute à la vulnérabilité  d’un continent toujours fragilisé par des crises latentes et des  conflits ouverts.  Face à la crise économique, la commission participera, au nom  de l’Afrique, aux travaux du 2è sommet du G20 à Londres sur la  crise, en avril prochain, et poursuivra ses efforts pour faire  progresser le processus de création des trois institutions  financières que sont la Banque africaine d’investissement, le Fond monétaire africain et la Banque centrale africaine, a  affirmé M. Ping.  Quant au développement des infrastructures, thème fixé pour le sommet, M. Ping a mis l’accent sur la nécessité de mettre sur les  rails une stratégie pour la modernisation et le développement des  infrastructures axée sur les trois orientations, à savoir les  grands travaux d’infrastructures de transport, l’Afrique- Hydroélectricité 2020, et l’Architecture institutionnelle de  développement des infrastructures.  
LA PAIX ET LA SECURITE SUR LE CONTINENT 
Sur le plan de l’état de la paix et de la sécurité sur le  continent, la Commission a constaté des progrès notoires, dont le  bon déroulement des élections en Guinée-Bissau, en Zambie et tout  dernièrement au Ghana, ainsi que le rétablissement des relations  diplomatiques entre le Soudan et le Tchad, mais continuera à  accorder une vigilance renouvelée et une attention soutenue aux  questions qui y sont rattachées, a indiqué le président de la  commission.  M. Ping a d’abord dénoncé les deux derniers coups d’Etat,  intervenus le 6 août 2008 en Mauritanie et le 24 décembre 2008 en  Guinée, auxquels s’ajoute aussi le coup de force déjoué contre le  président de la Guinée-Bissau.  En République démocratique du Congo (RDC), où les derniers  développements semblent indiquer des perspectives très  encourageantes quant à la fin des hostilités, la situation  humanitaire demeure encore incertaine et inquiétante pour les  populations.  En Somalie, le récent attentat à la voiture piégée contre la  Force africaine de paix en Somalie (Amisom), témoigne du climat de violence qui perdure depuis plus de deux décennies dans ce pays. Toutefois, la perspective de la mise en place probable d’une  opération de maintien de la paix des Nations Unies pour prendre la relève de l’Amisom, ainsi que l’engagement concret d’Etats comme  l’Ouganda, le Burundi, le Nigéria, l’Algérie et l’Egypte envers  l’Amisom, à travers des contributions et des soutiens logistiques  sous toutes les formes, représentent des lueurs d’espoir dans le  pays, a estimé M. Ping.  Au Darfour, la Commission s’est investie dans la recherche de  solution à la crise, notamment via l’instauration du dialogue avec l’Initiative Qatar, la nomination en août dernier d’un Médiateur  en chef conjoint UA-ONU pour le Darfour et la participation en  octobre à une initiative nationale, le Forum du Peuple du Soudan,  et le déploiement de la Force hybride UA-ONU (Minuad), devrait  atteindre les 80% de ses effectifs en mars 2009 , a-t-il  affirmé.  En ce qui concerne Djibouti et l’Erythrée, les relations entre ces deux pays ne se sont pas améliorées malgré les tentatives  déployées, tandis qu’en Afrique de l’ouest, le phénomène du trafic de drogues lié à la criminalité organisée transfrontières se  développe de façon alarmante, a-t-il relevé.  
EDUCATION  
M. Ping a mis un accent particulier sur l’éducation, le socle  fondamental sur lequel l’Union africaine fonde son espoir de bâtir  collectivement une Afrique moderne qui vit à l’abri des peurs et à l’abri des besoins.  Il a déploré le fait que des milliers de jeunes africains  talentueux s’exilent massivement chaque année hors du continent  pour leurs études, sans garantie d’y revenir, à la quête d’une  formation de qualité et de bonnes conditions de recherche dans  l’enseignement supérieur dans les universités étrangères.  En vue d’une solution durable à ce problème réel et alarmant  de fuite de cerveaux, la Commission envisage d’engager un  processus de création d’un Fonds de renforcement de l’enseignement supérieur pour soutenir les Universités panafricaines thématiques  dans chacune des régions géographiques, a fait savoir M. Ping,  ajoutant que le directeur général de l’Unesco a bien voulu  accepter que ce fonds soit logé dans son organisation.  D’autre part  l’Unesco a accepté que la Commission de l’Union africaine   abrite à son siège en Ethiopie la réunion de haut niveau sur  l’Education Pour Tous en février 2010.  En ce qui concerne la jeunesse, trois centres pilotes  d’enseignement technique et de formation professionnelle ont vu le jour dans des pays éprouvés par des conflits et ce programme  s’étendra à toutes les régions dans un proche avenir, a affirmé M. Ping.  
LA PERSPECTIVE EN 2009  
“L’année 2009 sera, à l’évidence, une année de très grandes  difficultés sur tous les plans pour tout le monde”, a fait  remarquer M. Ping. Pourtant, il s’est déclaré déterminé “à faire de notre mieux  pour transformer ces incertitudes et inquiétudes et faire au  contraire de 2009, une année de construction et de réalisation  dans notre processus d’intégration continentale en cours”. Confronté aux défis sérieux, le continent africain n’a d’autre alternative que d’unir ses forces, ses capacités et ses énergies,  a-t-il conclu.

SOMALIE : Le parlement vote pour l’élection du chef de l’état

30 janvier 2009
premier-ministre-nur-hassan-hussein-30-dec-2008     Le Premier ministre somalien Nur Hassan Hussein le 30 décembre 2008 à Mogadiscio
Le Parlement somalien de transition, réuni à Djibouti en raison des violences en Somalie, a commencé à voter pour élire un nouveau chef de l’Etat, après le départ du président Abdullahi Yusuf Ahmed, poussé à la démission fin décembre 2008. Deux candidats sont présentés comme les favoris de l’élection: le Premier ministre sortant, Nur Hassan Hussein, et le chef de l’Alliance pour une nouvelle libération de la Somalie (ARS, islamistes modérés), cheikh Sharif Cheikh Ahmed. L’élection du chef de l’Etat par le Parlement, élargi ces derniers jours aux islamistes modérés et à des représentants de la société civile, pourrait nécessiter plusieurs tours de scrutin selon des sources parlementaires. “Il n’y a que quelques candidats majeurs malgré une longue liste de prétendants (…) Certains sont de véritables candidats, d’autres veulent juste ajouter une ligne à leur CV”, a expliqué  un parlementaire, Hussein Mohamed Jama, selon qui la caution de 2.000 USD exigée pour se présenter a également dissuadé nombre de parlementaires de faire acte de candidature. L’élection se déroule dans un climat de violences persistantes en Somalie, en guerre civile depuis 1991. Les parlementaires ont dû se réunir à l’étranger en raison de l’insécurité généralisée dans le pays. Les shebab, insurgés islamistes opposés aux institutions de transition, ont pris la ville de Baïdoa (250 km au nord-ouest de Mogadiscio), siège du Parlement de transition. Dans le cadre d’un processus de paix porté à bout de bras par la communauté internationale entre l’opposition islamiste modérée et le gouvernement de transition, la réunion du Parlement de Djibouti, débutée la semaine dernière, visait à la fois à la fois à élargir la représentation du Parlement aux islamistes modérés et à choisir un chef de l’Etat plus consensuel que M. Yusuf, hostile à toute négociation avec les islamistes. Du côté de l’ARS, il y a également une volonté de faire avancer le processus de paix et surtout de démontrer qu’elle peut faire plus sur le terrain que n’a fait jusqu’à présent le gouvernement de transition. “Nous avons besoin de consolider cette paix: rétablir la loi et l’ordre, pour les jeunes qui ont fait la guerre créer du travail, poursuivre la réconciliation entre les communautés, et surtout faire renaître l’espoir après 19 ans de guerre civile”, selon Mohamed Abdi Mohamed “Gandhi”, député de l’ARS et conseiller de cheikh Sharif. De son côté, le Premier ministre sortant voit dans l’élection d’un nouveau président un moyen de poursuivre le processus de paix. “L’élection fait partie de mes efforts pour mettre fin à la guerre civile de manière pacifique”, a-t-il déclaré. Avec le soutien de la communauté internationale, le Premier ministre a été l’un des principaux artisans de l’ouverture de négociations avec les islamistes modérés, emmenés par cheikh Sharif, son rival à la présidentielle. L’opposant islamiste avait posé pour condition à un processus de processus de paix avec le gouvernement de transition le retrait de l’armée éthiopienne du pays. Addis Abeba a affirmé le 25 janvier 2009  que toutes ses troupes avaient quitté le sol somalien, ouvrant à la voix à l’entrée des partisans de cheikh Sharif au Parlement et à la tenue de l’élection. Selon le programme du Parlement, le nouveau président doit prêter serment, puis se rendre au sommet de l’Union africaine qui débute  à Addis Abeba.

OUGANDA : Après la mini-jupe , le ministre Buturo veut interdire la pornographie

29 janvier 2009
L’Ouganda s’apprête à interdire la pornographie et à faire condamner à 10 ans de prison ceux qui ont auront produit et distribué du matériel pornographique, a annoncé le ministre ougandais de la Morale, James Nsaba Buturo. Le gouvernement a approuvé un projet de loi en ce sens, qui devrait être rapidement voté par le Parlement, a indiqué le ministre. La pornographie “c’est un mal, un vice qui corrompt l’esprit”, a expliqué M. Buturo, déjà connu pour avoir voulu interdire le port des mini-jupes qu’il juge distrayantes au point de favoriser les accidents de la route. “Il a déjà été démontré que la pornographie était un poison. Les crimes sexuels, comme les viols de femmes et d’enfants, trouvent évidemment leur source dans ce mal diabolique”, a-t-il dit. Le ministre a aussi estimé que la pornographie était responsable de la promotion d’une sexualité qu’il a jugée déviante, après avoir estimé récemment que l’homosexualité menaçait le taux de natalité et la société d’Ouganda. “Avez-vous entendu parlé de bisexualité ? De transgenre ? Il y en a d’autres. Il y a beaucoup de nouvelles pratiques que nous préfèrerions ne pas connaître car elles sont absolument inutiles”, a-t-il lancé. En plus de risquer jusqu’à 10 ans de prison, ceux jugés coupables de favoriser la pornographie devront payer une amende de 5.000 dollars tandis que les réseaux organisés dans ce domaine payeront 10 fois plus.

CENTRAFRIQUE : entre espoir de paix et incertitudes

29 janvier 2009
La République centrafricaine ( RCA) s’est dotée le 20 janvier dernier , d’un nouveau  gouvernement, ce qui est une des principales recommandations du  dialogue politique inclusif organisé du 8 au 20 décembre 2008 à  Bangui, la capitale du pays.   Composé de 32 membres dont 4 ministres d’Etat, 21 ministres et  sept 7 ministres délégués, ce cabinet est dirigé par Faustin  Archange Touadéra, Premier ministre sortant reconduit par le  président François Bozizé.   C’est un gouvernement d’union nationale, qui fait suite aux  recommandations du dialogue politique inclusif qui avait rassemblé quelque 200 participants, dont l’ex-chef de l’Etat Ange-Félix  Patassé, renversé en mars 2003 par François Bozizé, l’ancien  ministre de la Défense Jean-Jacques Demafouth, leader de l’Armée  populaire pour la restauration de la démocratie (APRD) et le  capitaine Abakar Sabone, qui dirige le Mouvement des libérateurs  centrafricains pour la justice (MLCJ).    Le  ministre d’Etat chargé de la Communication, du Civisme, de la Réconciliation nationale et du Suivi du Dialogue, Cyriaque Gonda,  a précisé que toutes les entités présentes au Dialogue politique  inclusif sont représentées dans le nouveau gouvernement.  La mise en place de ce gouvernement a respecté l’esprit et la  lettre des recommandations du Dialogue Politique Inclusif et donc  a été ouvert aux entités qui ont participé au processus du  Dialogue politique inclusif”, a-t-il indiqué.  Dans cette équipe qui a vu reconduire dix ministres du  gouvernement sortant, douze personnalités font leur entrée. Le  fait marquant réside surtout dans la nomination des membres de  l’opposition civile et armée. 
CENTRAFRICA-UNREST-PEACE    Jean Jacques Demafouth, président de l’APRD et ancien ministre de la Défense d’Ange Félix Patassé
Par exemple, la rébellion de Jean-Jacques Démafouth, active  depuis 2005 dans le nord de la RCA, hérite du ministère de  l’Environnement et de l’Ecologie, attribué à François Naoyama.  Tandis que l’Union des forces démocratiques pour le rassemblement  (UFDR), un autre mouvement rebelle, s’empare du portefeuille de  l’Habitat et du Logement, confié à Djollo-Djidou.  Pour le compte de l’opposition dite modérée, Moïse Kotayé et  Raymond Adouma ont été nommés respectivement ministre de la  Promotion des Petites et moyennes entreprises, du secteur informel et du guichet unique, et ministre délégué à la Coopération  internationale.  Alors que André Nalké Dorogo, quatrième vice-président du  Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC) et  coordonnateur adjoint du comité d’organisation du dialogue  politique inclusif, devenu ministre de la Santé publique, de la  population et de lutte contre le sida dans le nouveau gouvernement, au profit de l’opposition dite démocratique.  Pour sa part, la société civile se voit attribuer les  ministères délégués au Développement rural, à l’Education et aux  Affaires étrangères.   A en croire le ministre d’Etat chargé de la Communication, ce  nouveau gouvernement a été formé à la suite d’une intense  consultation avec toutes les entités et avec certaines personnes n’étant pas sur  place à Bangui”.  L’entité dénommée “Autres partis”, donc l’opposition dite  modérée, a dénoncé une “supercherie politique” de la part du  président centrafricain. Elle met notamment en cause “ l’unilatéralisme caractérisant la mise en place de ce gouvernement qui est une copie quasi parfaite de l’ancien”.  Selon cette entité, qui regroupe cinq petites formations  politiques, la formation du nouveau gouvernement “crée plus de  problèmes qu’il n’en résout et porte en lui les germes des crises  futures”.  Président du Rassemblement démocratique du peuple centrafricain (RDPC), membre d’une coalition comprenant par ailleurs le  Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC), l’ancien  Premier ministre Martin Ziguelé s’en également pris au chef de  l’Etat.   D’après lui, François Bozizé s’est “recroquevillé sur sa  famille politique” et n’a concédé que “quelques postes  périphériques”. Par conséquent, il doit en assumer la  responsabilité.  En dehors de la formation d’un gouvernement de consensus, le  dialogue politique inclusif avait recommandé la mise en place  d’une Commission vérité et réconciliation sur le modèle de  l’Afrique du Sud et la mise en oeuvre d’un programme de  désarmement et de démobilisation des ex-combattants dans un délai  de 60 jours.   Conduite par l’ancien président burundais Pierre Buyoya et  parrainée par le chef de l’Etat gabonais Omar Bongo Ondimba, le  dialogue avait été salué par la communauté internationale,  précisément le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon.  La participation de l’ex-chef de l’Etat Ange Félix Patassé, en  exil à Lomé au Togo, et des chefs rebelles Abdoulaye Miskine et  Jean-Jacques Démafouth, également en exil, a été appréciée comme  un témoignage de la volonté des acteurs politiques et politico- militaires centrafricains de trouver un terrain d’entente pour  sortir le pays de instabilité chronique qui le caractérise.  Au terme d’une mission de travail à Bangui, le  président de la Commission onusienne de consolidation de la paix  en Centrafricaine, Jan Grauls, a déclaré que “les recommandations  issues du dialogue politique inclusif constituent une feuille de  route” dans le processus de réconciliation nationale en RCA.  ”La tenue du dialogue a été suivie par l’ouverture du  gouvernement centrafricain à des représentants des différents  partis qui (y) ont participé (…) La Centrafrique avait un  problème d’image par le passé, cette image commence à changer  profondément et c’est une bonne chose pour le peuple centrafricain ”, a-t-il souligné.  Mais, les observateurs restent sceptiques. “En dépit de la  tenue du dialogue politique inclusif, on ne peut pas dire qu’il y  ait une clarification irréversible de la situation en RCA.  Clarification capable de renforcer la confiance des partenaires  internationaux quant à l’hypothèse d’un retour durable de la paix, qui est la condition nécessaire de toute relance économique et de  toute stabilisation politique”, estime Dr Mathias Eric Owona  Nguini, politologue enseignant à l’Université de Yaoundé II.   De l’avis de ce spécialiste des relations internationales, il  n’est pas évident que “tous les acteurs politiques et politico- militaires centrafricains regardent dans la même direction et  peuvent partager un intérêt commun pour ce retour à la paix”, car, ”il semble demeurer une réelle animosité entre François Bozizé et  les leaders politico-militaires qui contestent son pouvoir”.   En juin 2008, le pouvoir de Bangui et deux mouvements rebelles, l’Armée populaire pour la restauration de la démocratie de Jean- Jacques Démafouth et l’Union des forces démocratiques pour le  rassemblement (UFDR) de Damane Zakaria, avaient conclu un “accord  de paix global” prévoyant notamment une amnistie pour tous les  combattants ainsi que les responsables civils. Mais, l’application de ce compromis n’avait pas été suivie d’effet.

ZIMBABWE : le dollar zimbabwéen évincé par le dollar américain

29 janvier 2009
Après les opérateurs de téléphonie, les écoles et les restaurants,  ont  finit par céder face à la dévaluation vertigineuse de la monnaie nationale: il se vend désormais pour un dollar américain. Tout un symbole dans cette économie dévorée par l’hyperinflation et dont la dernière poche de résistance, l’Etat, est en train de capituler face à la dollarisation de son économie. Le gouvernement a même proposé jeudi au Parlement un budget en dollars américains d’un montant d’1,9 milliard USD (66,5 milliards de milliards de dollars zimbabwéens), ce qui officialiserait de facto le recours à une monnaie déjà utilisée dans tout le pays. Si le budget était adopté, les fonctionnaires toucheraient un salaire en monnaie locale avec une allocation en devises étrangères. Frais de scolarité, consultations à l’hôpital, prix de l’électricité ou de l’essence seraient en dollars américains, une mesure réclamée depuis longtemps par les Zimbabwéens face à une inflation chiffrée en milliards de pour cent par les analystes. Le gouvernement zimbabwéen a autorisé l’utilisation dans les transactions commerciales de monnaies étrangères, dont le dollar américain, l’euro ou encore la livre sterling, en plus de la monnaie locale. Il y a quatre mois déjà, la Banque centrale avait autorisé certains commerçants à facturer leurs échanges en devises étrangères et, rapidement, de grands pans de l’économie s’étaient engouffrés dans la brèche. Car les prix en dollars zimbabwéens changent tous les jours et nombre d’employés n’arrivent plus à payer le ticket de bus pour se rendre à leur travail. Pour le secrétaire général de la confédération syndicale, Gideon Shoko, le salaire des employés, y compris des fonctionnaires, doit être versé en devises étrangères car “tout le monde veut être payé en monnaie étrangère, même les vendeurs de rues”. La “dollarisation” des salaires laisserait espérer une reprise des activités dans les hôpitaux ou encore dans les écoles, dont une grande majorité n’a pu faire sa rentrée mardi en raison d’une grève des enseignants, qui réclament d’être payés en billets verts. Un enseignant touche chaque mois 26.000 milliards de dollars zimbabwéens, une somme ridicule qui permet d’acheter à peine deux miches de pain. Mais pour l’analyste Anthony Hawkins, le passage aux devises “ne va pas tout résoudre”. “Tout le monde n’a pas de monnaie étrangère. L’unique solution pour mettre fin à la crise dans ce pays est politique”, estime ce professeur d’économie à l’université du Zimbabwe. Le semi-échec d’un énième sommet de l’Afrique australe  pour tenter de trouver un terrain d’entente entre pouvoir et opposition, à la suite de la défaite du régime aux élections générales de mars 2008, ne laisse pas présager d’un avenir meilleur à court terme. L’économie zimbabwéenne, longtemps un modèle de développement pour la région, est en chute libre depuis une dizaine d’années, en raison de politiques économiques hasardeuses et d’un usage abusif de la planche à billets selon l’opposition. La production est au point mort, 94% de la population est au chômage, l’espérance de vie est tombée à 36 ans, près de sept millions de personnes dépendent d’une aide alimentaire, et une épidémie de choléra, qui a déjà fait plus de 3.000 morts, continue de se propager. Le président Robert Mugabe a accusé l’Occident d’être responsable de cette situation en imposant des sanctions, pourtant limitées aux proches du chef de l’Etat. Régulièrement, il fustige Américains et Britanniques, “puissances impérialistes”, accusés de vouloir recoloniser le Zimbabwe. Et l’ancien héros de l’indépendance jure de défendre la souveraineté du pays. L’un de ses attributs, la monnaie nationale, est pourtant vaincue.

KENYA : les ministres de l’environnement du monde se donnent rendez-vous à Nairobi

27 janvier 2009
Les  ministres de l’Environnement à travers le monde devraient se rencontrer au  Kenya  en février 2009  pour la réunion du Conseil de gestion du  Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE).   Selon l’agence onusienne dont le siège est à Nairobi, la  rencontre du 16 au 20 février 2009  abordera aussi la question du  changement climatique et des négociations en cours vers un nouvel  accord international à Copenhague en décembre 2009. Les questions sur la table incluent, entre autres, l’économie  verte, la croissance verte et la pollution par le mercure. Les  ministres discuteront des options politiques pour une réponse  internationale à la pollution mondiale du mercure et de la crise  alimentaire. Les ministres discuteront aussi des Jeux Olympiques et de  l’environnement, et examiner des questions environnementales  majeures de l’heure, y compris la gestion de l’écosystème,  l’éfficacité des ressources et la gouvernance de l’environnement.  ”Un panaroma des questions environnementales majeures de  l’heure, dont la gestion de l’écosystème, l’efficacité des  ressources et la gouvernance environnementale seront à l’ordre du  jour,” a indiqué la déclaration. La rencontre ministérielle arrive juste après l’année  mouvementée qui a vu des preuves supplémentaires de réchauffement  climatique, la pénurie alimentaire, et la crise financière. Les ministres se rencontrent suite à des appels croissants pour un renouveau écologique mondial, une nouvelle approche de  l’économie qui met l’accent sur la croissance verte et des  investissements dans des ressources naturelles et basées sur la  nature.

CONFERENCE sur la SECURITE ALIMENTAIRE : menace supplémentaire selon Jacques Diouf

26 janvier 2009
jacques-diouf  Jacques Diouf lors de la Conférence sur la sécurité alimentaire, le 26 janvier 2009 à Madrid
La crise financière représente une menace supplémentaire pour la sécurité alimentaire mondiale, alors que près d’un milliard d’individus souffre aujourd’hui de la faim, a mis en garde, le patron de la FAO, Jacques Diouf, en ouverture d’une conférence internationale. Les représentants de 95 pays ont entamé à Madrid une réunion de “haut niveau” sous l’égide de l’ONU pour avancer sur la voie de la “sécurité alimentaire pour tous”. Les pays participants vont tenter d’y concrétiser les promesses du sommet de la FAO de juin 2008 à Rome pour éradiquer la faim, dans une période de “profonde crise financière internationale” qui “ne facilite pas notre tâche”, a souligné M. Diouf. “La contraction des prix agricoles (observée depuis juillet 2008, ndlr) et l’incertitude financière risquent de ralentir les investissements des agriculteurs et d’impliquer une importante réduction de la production en 2009/2010″, a souligné M. Diouf. La production de céréales a certes augmenté en 2008, mais cette progression est essentiellement le fait des pays développés et le nombre de personnes souffrant de la faim a augmenté de 40 millions en 2008 pour atteindre 973 millions l’an passé, a-t-il rappelé. La réunion de Madrid “est une occasion pour faire des annonces concrètes” après les promesses de Rome, a encore insisté M. Diouf. La nouvelle administration américaine et le président Barack Obama ont assuré vouloir s’engager sur la voie d’un “nouveau partenariat” avec la communauté internationale pour combattre la faim dans le monde. “L’insécurité alimentaire et les prix alimentaires élevés menacent la prospérité et la sécurité de beaucoup de pays en développement”, a souligné la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton, dans un message vidéo. “Nous nous engageons à développer un nouveau partenariat avec les pays donateurs, les pays en développement, les agences de l’ONU, les ONG (…), afin de mieux coordonner les politiques” contre la faim et la pauvreté, a déclaré Mme Clinton. Mais les Etats-Unis n’ont envoyé à cette réunion qu’une délégation de hauts fonctionnaires. Le chef de la diplomatie espagnole, Miguel Angel Moratinos a appelé à une “augmentation substantielle des moyens financiers” et à la mise en place d’une “alliance globale pour l’agriculture”. Son pays se présente volontiers comme bon élève en matière d’aide au développement et promet d’y consacrer 500 millions d’euros d’ici 2012 et de porter l’aide aux pays pauvres à 0,7% du PIB à la même date (contre 0,32% en 2006, selon l’OCDE). Mais M. Diouf a souligné que les efforts de pays individuels ne sauraient être suffisants et a appelé à une mobilisation générale pour “doubler la production alimentaire mondiale et assurer ce droit fondamental qu’est l’alimentation”. Les ONG ont, de même, demandé aux gouvernements présents à la réunion de “ne pas passer à côté de l’essentiel” et d’adopter des “propositions concrètes pour mettre en oeuvre et financer la lutte contre la malnutrition”. Faute de quoi “55 millions d’enfants de moins de cinq ans continueront d’être en danger de mort”, ont mis en garde les ONG Action contre la Faim (ACF) et Médecins sans frontières (MSF). Une manifestation à l’appel de plusieurs ONG a réuni une cinquantaine de personnes devant le bâtiment de la réunion, pour réclamer une “profonde restructuration du système alimentaire mondial”. La réunion doit se terminer mardi, en présence du secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, par une “déclaration de Madrid” rassemblant les actions concrètes des participants pour éliminer la faim dans le monde.

COUR PENALE INTERNATIONALE : ouverture du procès pour crimes de guerre contre le congolais LUBANGA

26 janvier 2009
thomas-lubanga  L’ancien chef de milice congolais Thomas Lubanga le 26 janvier 2009 à La Haye
Le premier procès de la Cour pénale internationale (CPI) s’est ouvert lundi à La Haye, contre l’ancien chef de milice congolais Thomas Lubanga, accusé de crimes de guerre pour avoir utilisé des enfants soldats en République démocratique du Congo (RDC).  Thomas Lubanga, 48 ans, est jugé près de sept ans après la création de la CPI, premier tribunal international permanent chargé de juger les auteurs de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et de génocides. Transféré à La Haye en mars 2006, Thomas Lubanga est accusé d’enrôlement et de conscription d’enfants de moins de quinze ans, et de les avoir fait combattre dans l’aile militaire de sa milice, l’Union des patriotes congolais (UPC), lors de la guerre civile en Ituri, entre septembre 2002 et août 2003.
procureur-cour-penale-internationale-luis-moreno-ocampo  Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) Luis Moreno-Ocampo, le 27 août 2008 à Bogota
“La milice de Lubanga a recruté, formé et utilisé des centaines de jeunes enfants pour qu’ils tuent, pillent et violent”, a déclaré à l’ouverture de l’audience le procureur de la CPI, l’Argentin Luis Moreno-Ocampo. “Les enfants continuent de souffrir des conséquences des crimes de Lubanga. Ils ne peuvent pas oublier ce qu’ils ont enduré, ce qu’ils ont vu. Ils avaient 9, 11, 13 ans”, a-t-il affirmé. “Ils ne peuvent pas oublier les coups qu’ils ont reçus… la terreur qu’ils ont ressentie. Ils ne peuvent pas oublier qu’ils ont été violés et qu’ils ont violé”, a continué le procureur, selon lequel “certains d’entre eux prennent maintenant de la drogue pour survivre, d’autres se prostituent”. Selon les ONG, les affrontements en Ituri entre des milices soutenues par les ethnies Hema et Lendu, pour le contrôle notamment de mines d’or, ont fait 60.000 morts et des centaines de milliers de déplacés depuis 1999. “A ce stade, notre client voudrait plaider non coupable”, a déclaré de son côté l’avocate de Thomas Lubanga, Me Catherine Mabille, du barreau de Paris. L’accusation compte appeler à la barre trente-quatre témoins, dont des enfants soldats et trois experts. La défense n’avait pas encore précisé lundi matin combien de témoins elle compte présenter à décharge.  Le procès, présidé par le Britannique Adrian Fulford, est prévu pour durer six à neuf mois.

ANGOLA/FRANCE : Paul Anselin ancien maire de Ploermel, s’explique

20 janvier 2009
paul-anselin-ancien-maire-ump-de-ploermel-morbihan1  Paul Anselin, ancien maire UMP controversé de Ploërmel (Morbihan), le 9 décembre 2006 devant l’Hôtel de ville
Paul Anselin, ancien maire UMP controversé de Ploërmel (Morbihan), a défendu au procès de l’Angolagate son rôle de “lobbyiste” au Mexique pour expliquer les quelque 485.000 euros qu’il est accusé d’avoir reçu indûment de la part de la société de Pierre Falcone. Collier de barbe, pantalon gris et blazer, cet ancien maire de 77 ans est habitué aux critiques pour avoir érigé, partiellement sur fonds publics, une statue géante de Jean-Paul II sur sa commune rurale, qu’il a équipée de caméras de surveillance. Mais celui qui a servi dans une dizaine de cabinets ministériels risque cinq ans de prison pour recel d’abus de biens sociaux. En 1997, l’alternance politique l’a bouté du ministère des Affaires étrangères quand il rencontre Pierre Falcone, l’un des principaux prévenus dans ce procès de commerce d’armes de guerre vers l’Angola. “Il m’a demandé si j’étais intéressé par un travail au Mexique”, où il prospectait dans le pétrole et la sécurité, raconte cet ancien militaire et préfet. Certes, l’un de ses co-prévenus souligne qu’il ne parle pas espagnol, mais Paul Anselin justifie ses compétences : “j’y étais allé lors de la visite officielle du ministre des Affaires étrangères Hervé de Charette. Je connaissais l’ambassadeur… J’avais un carnet d’adresses”, dit ce proche de Jacques Chirac. “Il m’a donné des indications sur le Mexique en général…”, dira aux enquêteurs Pierre Falcone, absent. Pierre Anselin signe en octobre 1997 un “contrat de lobbyiste”. “Pierre Falcone m’avait dit, vous avez carte blanche pour ouvrir des portes à très haut niveau et j’ai entamé des relations d’amitié avec les trois candidats aux élections présidentielles, dont le gagnant Vincente Fox”, en décembre 2000. “Vous avez des traces de votre travail ?”, demande le président Jean-Baptiste Parlos. “Il n’est pas dans ma culture de faire des comptes-rendus écrits”. “Y-a-t-il eu des résultats concrets de votre action?”, insiste le juge. “A ma connaissance, non, mais je n’étais pas un agent commercial (…) Je n’avais pas d’obligation de résultats”, dit Paul Anselin qui donne des exemples de son action : un rendez-vous obtenu avec le ministre mexicain de l’Economie, ou encore un projet inabouti de dîner avec George W. Bush, alors Bush Junior. Pour son action, il touchera 25.000 francs hors taxe par mois. “Un consultant international de haut-niveau, c’était à l’époque 8 à 10.000 francs jour”, se défend-il. L’accusation lui reproche de s’être fait payer des voyages sans relation avec son travail, dont l’un à Bogota avec sa compagne et son fils. “C’était un cadeau de Pierre Falcone sur sa cassette personnelle”, assure l’ancien maire. Il y a encore la voiture avec chauffeur que Brenco, la société de Pierre Falcone, a mis à sa disposition pendant trois ans pour une facture totale de 1,9 MF. Cela faisait partie du “standing nécessaire”, avait-il assuré à l’enquête. A la barre, il juge la somme “exorbitante” et souligne qu’il “n’avait pas l’exclusivité” de ce véhicule, alors qu’élu breton, il n’était que deux ou trois jours par semaine à Paris. Foulards, cravates et parfums des grands designers français : Paul Anselin partait au Mexique avec des “cadeaux” pour ses contacts. Ce qui lui valut le surnom de “Père Noël”, raconte l’un de ses co-prévenus, Xavier Cazaubon, l’accusant de s’être servi au passage. “Cela ne fait pas partie de mon éthique de vie”, rétorque l’ancien maire. “Il règne un certain flou” sur votre travail, résume le procureur Romain Victor. “Je crois avoir rempli ma mission”, répond-il.
 

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